LACANAU. Le premier échange du mandat sur les orientations budgétaires fut pour l'opposition l'occasion d'afficher sa détermination à s'imposer dans le débat
L'ambiance conviviale et détendue du Conseil municipal de jeudi, où même l'humour s'im-misça parfois, ne doit tromper personne. Suite aux dernières municipales qui ont mis le maire en ballottage, Jean-Michel David doit désormais faire face à une opposition qui a décidé de faire valoir ses droits. L'atmosphère décrispée de ce dernier Conseil marqué par le débat d'orientations budgétaires n'empêcha pas en effet les prises de position marquées de l'opposition et les critiques fermes sur certaines options prises par la majorité. Le groupe « Vivons Lacanau », notamment, occupa le terrain d'une opposition qui se veut constructive sous la houlette de son leader, Laurent Peyrondet qui, mêlant les traits d'humour et les démonstrations convaincantes, séduisant jusqu'au camp de la majorité, s'affirme de plus en plus comme l'opposant principal à David.
Sans concession.
Tout en maniant un langage mesuré, il fut néanmoins sans concession avec la présentation des orientations budgétaires par l'adjoint aux finances, Jean Dupin, estimant que, contrairement aux promesses faites pendant la campagne, « c'est un programme sans ambition », s'étonnant que « la majorité reste aussi frileuse sur l'emprunt, privant les Canaulais des équipements qu'ils attendent. » Il estime en effet que « le taux d'endettement est très en dessous des communes touristiques équivalentes » et regrette de ne pas voir dans ces orientations « la volonté politique pour les années à venir ». « Constatant qu'on lui reproche de "jouer petits bras", Jean-Michel David fait remarquer qu'à ce stade de l'élaboration du budget, "il n'est question que de thèmes très généraux" et que les "investissements espérés se préciseront par la suite". Il fait cependant valoir qu'il s'agit de « respecter certaines règles de sagesse budgétaire » et qu'il faut envisager cette préparation de budget dans le cadre « d'une programmation triennale, voire quinquennale ». Revenant à la charge, Laurent Peyrondet estime par ailleurs que, compte tenu à la fois de l'inflation et de l'évolution de la fiscalité locale liée aux transferts de compétence, « les impôts devraient augmenter pour les Canaulais de 5 à 7 % » et déplore que « les charges de personnels de la ville atteignent 50 % du budget, ce qui commence à faire très cher ». Il prône une « mutualisation des compétences et des transferts vers la CdC », le maire lui rétorquant qu'il n'est pas si facile « de persuader les élus de la CdC », doutant que « ces transferts se fassent aussi rapidement qu'on le souhaiterait ».
Une envolée.
Suite à cet échange de belle tenue entre David et Peyrondet, le socialiste Olivier Soria déplore lui aussi un « sous-investissement », mais se lançant dans une envolée de portée très générale dans laquelle il dénonce, à l'étonnement général, la politique économique du gouvernement, il fait finalement la preuve des difficultés actuelles de la gauche en France à rester centrée sur les problèmes concrets, faisant dire au maire que « le Conseil municipal n'est pas le conseil des ministres ». Les deux socialistes du Conseil feront néanmoins d'autres interventions plus à propos, comme cette exigence d'informations plus rigoureuses réclamées par Jésupret concernant les coûts de certains marchés publics.
Au final, à l'épreuve de cette mandature qui voit pour la première fois une opposition officielle siéger au Conseil, les observateurs ont pu noter que ce changement politique de situation apporte davantage de contenu et de rigueur au débat public, et certainement plus de transparence. Sans doute que la démocratie canaulaise a gagné là en maturité, au bénéfice des Canaulais.
sud ouest du 18 oct
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