Loin de l'unanimité

Publié le par robert

Le projet de construction de la résidence hôtelière, située en bordure du canal du Montaut, fait débat

:Pierre Vallade




Décidément rien ne va plus entre Pierre Marc Boutitie et l'Association pour environnement et la défense de Carcans -Maubuisson (AEDCM), malgré une décision de justice du tribunal administratif tranchant en faveur du bénéficiaire du projet. Toutefois, pour mieux comprendre le différent qui oppose les deux parties, il est bon de remonter au 12juillet 2005, date à laquelle Pierre Marc Boutitie obtenait un permis de construire pour la construction, d'une résidence de tourisme composée de 32appartements en lieu et place du restaurant La Bécassière situé en bordure du canal du Montaut. Oui mais voilà, ce permis était loin de satisfaire les associations de défense de l'environnement AEDCM et Vive la Forêt qui, le 15novembre 2005, déposent conjointement un recours devant le tribunal administratif pour faire annuler ce projet.


Le couperet tombe. Deux ans plus tard, le 25 octobre 2007 le « couperet » tombe. Le tribunal accorde définitivement le projet et condamne les deux associations - il est vrai pour vice de forme - à verser la somme de 1000euros à Pierre Marc Boutitie. Pourtant, disposant de deux mois pour se pourvoir en appel, les deux associations n'ont pas jugé nécessaire de donner suite.
Depuis, l'affaire aurait donc pu en rester là. Cependant, le 20juin 2008, un permis modificatif est déposé. Motif déclaré par Pierre Marc Boutitie : «Pour mieux répondre aux normes de l'activité hôtelière, nous avons été amenés à réduire la taille des appartements donc à en augmenter le nombre (43au lieu de 32). Faisant un geste vers les associations, nous avons, du même coup, réduit fortement le volume du bâtiment, son emprise au sol, sa proximité du lac.» Toujours selon Pierre Marc Boutitie, «Nous avons réduit le plancher de 438m², la longueur du bâtiment passe de 67,65m à 59,67m, soit une réduction de huitmètres en retrait du lac, et enfin la largeur du bâtiment se voit-elle aussi réduite d'un mètre, ramenant cette dernière de 15,90 à 14, 90m». Si l'on croit ses chiffres tout laisse supposer que les deux parties pourraient y trouver leur compte?


Dans la brèche. Mais une nouvelle fois les associations s'engouffrent dans la brèche et Brigitte Dupeyron présidente de l'AEDCM et André Bouillet son secrétaire qui, ensemble contestent l'argument de Pierre Marc Boutitie, précisent: «Faux! Ce nouveau projet ne répond ni sur la forme ni sur le fond aux normes définies par la loi littoral, alors pour être cohérent avec nous même, conjointement avec l'association Vive la Forêt nous avons déposé un nouveau recours devant le tribunal administratif. Ce qui ne veut pas dire que nous nous opposons à toutes constructions sur ce terrain, mais seulement dans la mesure où la loi est respectée.» Et d'ajouter: «En bordure du littoral dans une zone urbanisée nous pouvons rénover ce qui existe, reconstruire dans le respect des hauteurs et des caractéristiques des lieux.»
Du côté de la mairie, pas de quoi réjouir le maire. Pour Henri Sabarot le constat est simple: «Le permis de construire initial comme la modification actuelle ont été soumis à l'analyse et à l'approbation des différents services de l'État, instructeurs de ce dossier. J'ai suivi les avis positifs délivrés par ceux-ci. Personnellement je déplore que l'entêtement des associations requérantes risquent de nous faire revenir au projet initial plus important, donc allant à l'encontre de l'intérêt des associations en question, et moins bien adapté au marché hôtelier touristique recherché dans cette opération.» Et de poursuivre: «Dans cette affaire je ne regrette que les interprétations abusives tendancieuses de la loi littoral dans les espaces urbanisés, qui risquent de mettre «sous cloche» nos territoires au détriment d'un authentique développement durable de notre commune privilégiant notre environnement et notre qualité de vie.»
Devant ces divergences, comme on peut s'en douter, l'unanimité n'est pas pour demain, et l'assemblée générale de l'AEDCM qui se déroulera demain dans la salle de réunion de l'Office de tourisme risque d'être «chaude».


"Blog Lacanau: Il semble que ce ne soit pas si évident malgré l'article de Sud-Ouest que cela pour le promoteur concerné.
Comme le dit si bien Pierre Valade, l'assemblée de samedi matin de l'AEDCM permettra de replacer les enjeux."

Publié dans Carcans

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vive la foret 23/08/2008 00:34

LA BECASSIERE OCEAN PANORAMIC – LE MONTAUT
REPONSE DE VIVE LA FORET A L’ARTICLE SUD OUEST DU 22 AOUT 2008

VIVE LA FORET étant citée dans cet article bien que non consultée par Sud Ouest, je tiens à apporter la position de l’association que je préside :

Le Tribunal n’a à aucun moment « accordé définitivement le projet » : il a déclaré les recours irrecevables sur un problème de forme et n’a donc pas jugé la requête sur le fond. Par ailleurs il n’a pas condamné les associations à 1000 € mais à 500 € chacune, ce qui est le niveau bas en matière de condamnation du TA pour tout requérant débouté. Le choix de ne pas faire appel était prudent, le moyen d’irrecevabilité risquant d’être confirmé par la CAA ; De plus, faute d’un décret paru entre temps et profitant au promoteur, le permis aurait été caduc…
Pourquoi, alors que plus rien ne l’en empêchait, le promoteur n’a-t-il pas démarré les travaux à partir d’octobre 2007 ? Pourquoi a-t-il attendu le 28 mars 2008 pour déposer un permis modificatif qui lui a été accordé le 20 mai 2008 ? Modificatif dont nous n’avons à aucun moment été informés, aucune concertation ne l’a précédé : nous n’en avons eu connaissance qu’en découvrant l’affichage sur le site…
Pourquoi ce permis modificatif ? Pour faire un geste envers les associations comme le prétend le promoteur ? ! Foutaise ! Tout simplement parce que le permis initial comportait de telles irrégularités en matière de résidence de tourisme, qu’aucune société gestionnaire n’en acceptait l’exploitation. Le promoteur le déclare lui-même, noir sur blanc, dans sa demande de modificatif. Quand il prétend « réduire .fortement le volume du bâtiment, son emprise au sol, sa proximité du lac » ; c’est faux ; il faut être bien naïf ou ignorant pour y croire si l’on prend la peine d’examiner les plans. Si ce site magnifique protégé par la loi, n’était pas menacé, on aimerait rire de telles affirmations éhontées. NON le promoteur ne « réduit pas fortement le volume du bâtiment, son emprise au sol, sa proximité du lac ». Les plans qu’il produit sont sans ambiguïté ! Je vous invite tous à les étudier pour savoir, s’il y a mensonge, qui ment !
Je tiens à rappeler que la loi littoral prévaut sur le POS lequel n’est pas en conformité à ladite loi, et que sur ce site, seule une rénovation de l’existant était possible. S’il y avait eu concertation, tant sur le projet initial que sur le modificatif, ce qui hélas n’a pas été le cas, nous étions disposés à accepter une nouvelle construction d’importance équivalente, voire légèrement supérieure, à la défunte Bécassière.
Mais VIVE LA FORET, comme l’AEDCM, ont été mises devant un fait accompli.
Je ne m’étendrai pas sur les pressions, propos calomnieux, chantage dont semble avoir été victime les responsables de l’AEDCM, mais je ne peux m’empêcher de leur faire part de notre solidarité associative, car, comme nous à VLF, il s’investissent bénévolement dans le seul intérêt général.
Quant, je cite :
« L’entêtement des associations requérantes » « les interprétations abusives tendancieuses de la loi littoral dans les espaces urbanisés qui risquent de mettre sous cloche nos territoires au détriment d’un authentique développement durable », propos attribués par S.O. à M. le Maire, rassurez moi, cher Henri, est ce bien là vos propos ? N’y a –t-il pas erreur ?
Moi qui vous ai connu lors de la naissance de l’AEDCM, dont vous fûtes membre fondateur, je ne vous reconnais pas dans ces déclarations. Avec tout le respect que je porte à votre fonction, je ne peux accepter de tels propos que je juge diffamatoires.
Sans aucune prétention, je pense que depuis bientôt 20 ans d’existence, les compétences de VLF en matière de loi littoral ne sont plus à prouver.


P/VLF - Dominique Gisson Présidente