Depuis 40 ans sur la vague

Publié le par robert


Le Lacanau Surf Club a fêté cet été ses quarante ans. Retour sur l'épopée d'un des premiers clubs de surfeurs en France.



Depuis 40 ans sur la vague
Mai 68 : la tendance de l'époque est aux remous… Un vent de révolte agite la jeunesse. Pendant que les pavés volent dans les rues de Paris, à Lacanau, un petit groupe de surfeurs s'apprête à fonder l'un des premiers clubs de surf en France. L'aventure de celui qui deviendra « le plus vieux club de surf français encore en activité » vient de commencer, elle n'est prête de s'arrêter.
C'est donc en juillet 1968 que Serge Roy, commerçant sur les allées Ortal, crée le Lacanau Surf Club (LSC). Il est présidé depuis mars 2001 par Laurent Rondi, moniteur breveté d'Etat, qui répond à notre interview sur ces quarante ans d'existence.

JdM : Dans quel contexte le LSC a-t-il été créé ?
Laurent Rondi : On peut parler d'un phénomène de mode et d'influence américaine. A Biarritz, on voit arriver des surfeurs d'outre-Atlantique qui, en repartant, laissent leur planche. Le film « Endless summer », documentaire mythique sur le surf de l'époque sort en 1966. Le courant gagne la plage canaulaise.

JdM : Qui sont les membres fondateurs ?
L.R. : Au tout début, il y avait seulement trois personnes dans l'association : Serge Roy, Michel Jurion et Jean-Charles Tauzia. Puis le groupe s'est rapidement étoffé avec, entre autres, Francis Maugard, Jacques Hèle, Thierry Organoff. Il faut dire qu'à cette époque, ils étaient très peu nombreux à se partager le spot de la côte canaulaise.

JdM : Quelles ont été les étapes importantes dans le développement du club ?
L.R. : Dix ans après sa fondation, le LSC connaît un premier essor. On est dans les années 78-79, le club compte 150 adhérents, l'école de surf est créée, la municipalité fait construire le premier « club-house de surf » en Gironde, une baraque en bois érigée le long de la descente à bateaux. Et c'est en septembre 1979 qu'est organisée la première compétition professionnelle « le Grand Prix Open », auquel participent les meilleurs surfeurs pro. Ce grand prix international est le point de départ du célèbre « Lacanau Pro ».
Une nouvelle décennie se passe et le petit club devient grand avec, en juin 1989, l'embauche de son premier salarié à temps plein, Jean-Paul Dupuy, recruté pour faire face aux charges administratives. Son bureau est installé en front de mer, dans « la villa de la tour ». Au cours de l'hiver 89-90, le syndicat mixte de Lacanau (commune et Conseil général) fait construire la « maison de la glisse », dans laquelle le LSC s'installe en juillet 1990. Plus récemment, sont créés le site internet, en 1996, et la formule club pour les 5-14 ans, en 2002.

JdM : Qui sont les initiateurs du Lacanau Pro ?
L.R. : Jacques Hèle et Patrice Chrzan ont joué un rôle important, le premier dans la professionnalisation de l'événement avec Max et Monique Fernandez, le second par son réseau de contacts dans le monde du surf.

JdM : Le club d'aujourd'hui, en quelques chiffres ?
L.R. : 3.000 adhérents licenciés à la Fédération française de surf, effectif qui comprend aussi bien les habitués que les saisonniers ; 150 jeunes en formule club, dont un tiers de Canaulais et 2deux tiers d'habitants de Bordeaux ou la CUB. Une vingtaine de salariés en période de pointe, dont cinq permanents. 15.000 visites en moyenne par mois sur le site internet.




JdM : Le club a-t-il compté des surfeurs de haut niveau ?
L.R. : Ils sont plusieurs à avoir porté les couleurs du club sur les podiums, notamment : Thierry Fernandez (vainqueur du Lacanau Pro 82 et deux fois champion d'Europe) ; Pascal Basurko (champion d'Europe junior) ; Yann Martin (vice-champion d'Europe) ; Cédric Grèze (champion de France de body-board), etc. Ils ont tous fait partie de l'équipe de France.

JdM : Et dans la nouvelle génération ?
L.R. : La pépinière compte au moins deux espoirs du surf français : Adrien Valéro, 21 ans, pur produit du surf canaulais (5ème européen en juniors) et Justine Dupont, 17 ans (vice-championne du monde sur long board en 2007), qui fait partie du pôle France.

JdM : En dehors du Lacanau Pro, le LSC organise-il des grandes manifestations sportives ?
L.R. : Tout d'abord, il faut préciser que le Lacanau pro ayant pris une grande ampleur, il a été dissocié du LSC et dispose de son propre comité d'organisation (le COLP). Les grandes compétitions organisées par le club de surf ont été le championnat d'Europe en 1991, le championnat du monde en 1992, plusieurs coupes d'Europe et cette année, le « Festi Surf », challenge national des clubs formateurs.


JdM : Quelle avenir pour le LSC ?
L.R. : La question à l'ordre du jour concerne le développement sportif du club. Il dispose des ressources humaines et moyens matériels pour passer un nouveau cap, mais le contexte géographique ne facilite pas les choses. Il faudrait « mettre le paquet » sur l'entraînement mais avec deux tiers de jeunes domiciliés hors Lacanau, « ça coince ». On va étudier cette question en fin d'année pour une mise en œuvre l'an prochain.

Le blog: encore un article du Journal du Médoc qui nous rappelle que le surf est une affaire canaulaise

Publié dans La gliss - le surf

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article