Une copie à revoir

Publié le par robert

SÉCURITÉ. --Dimanche, un vacancier s'est noyé à Lacanau. La saison de surveillance des plages se termine. Cette année, sur le littoral, l'organisation a posé problème

:Julien Lestage




Dimanche, le drapeau était rouge. Les seize MNS civils de Lacanau, tous regroupés dans le poste de sécurité de la plage centrale, allaient finir leur saison. Il ne restait plus que deux heures de surveillance. Vers 16 heures, une équipe constituée de trois sauveteurs est engagée sur une prévention plage nord.
Laquelle n'est théoriquement plus surveillée depuis le 1er septembre, comme les plages sud et super-sud. Trois baigneurs en difficulté sont pris dans les vagues. Deux parviendront à rejoindre le rivage. Le dernier, sans doute assommé par une déferlante et emporté par un courant de baïne, ne pourra être sauvé. À 19 heures, alors que les recherches étaient interrompues, le corps du vacancier de 20 ans, originaire d'Angers (49), reste introuvable. Ce dernier épisode tragique clôture une saison de surveillance dont l'organisation aura fait débat. Le point sur la situation.
1 La saison écourtée des MNS-CRS
En 2001, les MNS-CRS ont remplacé les pompiers sur les plages. Une volonté des maires du littoral qui veulent une police sur le sable, et qui cherchent aussi à limiter le coût du dispositif de surveillance. Les CRS, dont les équipes sont complétées par des effectifs de sauveteurs civils, ont la responsabilité des postes de secours. Cette année, sur décision du ministère de l'Intérieur, ils sont arrivés le 1er juillet pour repartir le 31 août. Au dernier moment, une saison écourtée de plus d'un mois et qui a obligé les municipalités à mettre en place un nouveau dispositif sur les périodes de hors saison.
2 Malaise chez les MNS-Civils
Du fait de l'âge, une génération de sauveteurs civils, ce personnel saisonnier employé par les mairies, s'est arrêtée. La nouvelle génération, elle, a du mal à se renouveler. Le coût du diplôme de sauveteur, des saisons toujours plus réduites et des conditions de travail qui laissent à désirer ne motivent plus les vocations. Sous couvert de l'anonymat, l'un d'eux s'exprime. « À Lacanau, en début de saison, nous n'avons pas voulu signer nos contrats. Depuis trois ans, la municipalité refusait de nous payer nos heures supplémentaires. Cette année, on a fait le forcing. Ils ont cédé. Ils n'avaient pas le choix. » Un autre sauveteur rajoute que de nombreux saisonniers préfèrent rejoindre les Landes, où les salaires sont plus élevés, avec des logements décents mis à leur disposition.
3Chacun pour soi au SIVU plage
Des plages ouvertes à la baignade jusqu'au 14 septembre (Soulac/ Vendays-Montalivet), alors que d'autres sont fermées depuis le 31 août (Carcans). Dans ce délicat dossier, le syndicat intercommunal à vocation unique pour la surveillance des plages et des lacs du littoral girondin ne parvient pas à fixer une organisation commune et cohérente. Alors que la saison plage 2009 s'annonce difficile, les élus ont maintenant tout un hiver pour revoir leur copie. Il s'agit de sécurité, mais aussi de tourisme. Un dossier qui mérite sans doute un peu plus de cohésion.

sud ouest du 9 sept

Publié dans La sécurité

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Fisherman 09/09/2008 18:57

On remarquera la pique de M. Lestage auteur de l'article "...le drapeau était rouge.Les seize MNS civils de Lacanau, tous regroupés dans le poste de sécurité de la plage centrale..."
Sous-entendu, en présence des CRS ces sauveteurs auraient été en prévention sur la plage afin de faire respecter l'interdiction de se baigner?

N'importe quel chef de poste expérimenté de surveillance de plage aurait fait respecter cette interdiction de se baigner, que l'on soit ou non à quelques heures de la clôture de la saison.

La présence ces dernières années d'encadrement CRS a empêché le renouvellement et la maturité de chefs de poste civil, et ceux sont les usagers de nos plage qui en font les frais...

francoise 09/09/2008 12:53

Felicitations aux sauveteurs de lacanau.
Ils ont fait un travail admirable, on devraient leur décerner une médaille mais surtout mieux les payer... ces gens nous protègent et nous sauvent, pourquoi ne sont ils pas mieux considérés par les mairies ?

J y étais ce dimanche 7 septembre 2008 et l 'océan était vraiment déchainé, des vagues et de l'écume à perte de vue.. il fallait être fou pour se mettre à l'eau.. Mais la vue des kite surf, des surfers attire les jeunes imprudents qui veulent s'amuser dans les vagues meurtrières.

Triste et horrible, je suis maman et pense énormément à cette mère qui à Angers ne reverra plus son fils vivant et peut être pas organiser ses obseques.