Urbain et chasseur

Publié le par robert

OUVERTURE DE LA CHASSE. --Demain fête l'ouverture générale de la chasse. Une pratique traditionnelle qui n'est pas réservée qu'aux habitants des campagnes

:Florence Moreau




Stéphane habite en ville. À Bordeaux. Pour être plus près de son travail, des écoles, des commerces et lieux de culture. Mais Stéphane a une passion qu'il ne peut pas assouvir au milieu des immeubles et des automobiles : la chasse. Transmis il y a des années par son grand-père quand la campagne était giboyeuse, le virus ne l'a pas quitté.
« Je sens que ça monte », confie-t-il quelques jours avant l'ouverture. Son matériel et son chien sont prêts. Son épagneul qui arrête si bien les pigeons lors des promenades sur les bords de Garonne ou sur le parvis des églises va pouvoir passer à d'autres odeurs, à un autre gibier. « Il est inconcevable de manquer une ouverture », jubile-t-il d'impatience. Histoire de retrouver les copains d'enfance, les anciens. De se ressourcer, de faire de l'exercice en marchant, de voir comment son chien évolue, de gonfler des anecdotes cynégétiques.


Une rentrée. L'ouverture générale de la chasse, c'est un peu comme une rentrée. « Un symbole, une tradition, un jour d'exception après une longue période de fermeture », explique Jésus Veiga, directeur de la Fédération départementale des chasseurs.
Comme Stéphane, de nombreux urbains pratiquent la chasse en Gironde. « Certains font des kilomètres pour aller au ski ou faire du surf », justifie ce trentenaire. Lui préfère arpenter carrés de vignes, portions de bois, friches et champs vallonnés du Libournais, ses racines qui se rappellent à lui.
Les urbains chasseurs choisissent généralement leur terrain de chasse en fonction de liens familiaux ou amicaux. « Il peut aussi pratiquer sur le domaine public maritime de l'État, sur le Bassin notamment, sur le littoral ou dans les bois », détaille Jésus Veiga. « Il peut aussi demander une licence ONF, et s'il est fortuné, acquérir un lot ou se payer des journées dans une chasse privée. »


Peau de chagrin. Il peut aussi tout simplement être « coopté » par d'autres chasseurs. Les associations communales de chasse agréées ont en effet obligation d'accueillir 10 % de membres extérieurs. Ces derniers paient alors un peu plus cher que les autochtones mais disposent ainsi de terres où pratiquer. Une liste tenue à jour est d'ailleurs consultable à la fédération pour faire le tour des places disponibles dans les ACCA.
Car la place, l'espace, deviennent denrées rares. Si la Gironde est un département étendu, il n'en demeure pas moins vrai qu'on ne peut y chasser partout. D'abord parce que la loi interdit de tirer à moins de 300 mètres de toute habitation. Et « parce qu'il faut préserver les animaux qui ont besoin de terrains naturels. La superficie des terres chassables se réduit d'année en année comme peau de chagrin du fait de l'urbanisation », résume Jésus Veiga.
Sans compter les tracés d'infrastructures qui déplacent les limites de l'urbanisation, perturbent les possibilités de chasse et les conflits d'usage de la nature quand chasseurs, randonneurs et sportifs ne parviennent pas à s'entendre.

sud-ouest du 13 sept

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