Partie de chasse

Publié le par robert

-Hier la grand'messe n'était pas à Lourdes, mais dans les champs.--Et l'ouverture de la chasse a fait bien des heureux parmi les Médocains

:Anne-Gaëlle Manac'h




Il est tout juste 8 heures à Hourtin. Dans la fraîcheur du matin, les premiers coups de fusils tonnent au loin. Ça y est la chasse est officiellement ouverte, les chasseurs médocains commençaient à piaffer d'impatience, à l'image de Jean-Claude Peintre. Il fera l'ouverture ce matin avec son fils Sébastien. Presqu'un rituel pour les deux hommes pour qui la chasse constitue une véritable passion. « J'ai commencé à chasser à 16 ans, raconte Jean-Claude Peintre. Mais bien avant, je suivais mon père qui allait à la chasse aussi. Pour Sébastien ça a été pareil. » Un virus qui se transmet donc de père en fils, depuis des générations semble-t-il. Dans le Médoc, peut-être plus qu'ailleurs, la chasse fait partie du patrimoine. Aussi, l'ouverture de la période, demeure un moment bien particulier pour les deux hommes. « C'est notre passion alors forcément, le jour de l'ouverture ça nous fait toujours un petit quelque chose. Moi quand j'étais jeune, je ne dormais pas les deux nuits précédant l'ouverture… Et je sais que cette nuit Sébastien n'a pas beaucoup dormi non plus », explique Jean-Claude.


Les chiens à l'affût. Mais déjà, il est l'heure de partir, les chiens commencent à aboyer : « Eux aussi sont impatients », sourit Jean-Claude. Le soleil se lève doucement sur le domaine de chasse à Hourtin, les chiens dévalent les talus à la recherche des lièvres, objet de toutes les convoitises au petit matin. Sébastien part seul dans une direction tandis que Jean-Claude part de son côté avec les six chiens. Pour lui, la chasse est un plaisir solitaire : « Je n'aime pas trop partir en équipe. Aujourd'hui Sébastien est là pour l'ouverture, mais d'habitude j'y vais plutôt tout seul. Et puis de toute façon, son truc à lui c'est plutôt la chasse dans les mares de tonnes », résume-t-il. Mais assez parlé, soudain les chiens flairent quelque chose, peut-être la première prise de la saison. Le lièvre est coriace, les chiens s'affairent d'un bout à l'autre de la parcelle. Pourtant, au bout d'une vingtaine de minutes, toujours pas de lièvre en vue pour le chasseur, qui rappelle ses chiens : il faudra encore attendre pour « tirer » un lièvre. Les chiens ont peut-être été trop enthousiastes : « C'est comme les sportifs, il faut eux aussi qu'ils se réadaptent à la chasse. Pour l'instant ils sont encore un peu impatients, mais au bout de trois ou quatre sorties, ils seront plus aiguisés », promet Jean-Claude. Pourtant, deux heures et trois tentatives plus tard, les chiens n'auront toujours pas apporté de gibier à leurs maîtres, et ce n'est pas faute de s'être dépensés. Un détail qui ne gâchera pas l'ouverture de la chasse pour l'Hourtinais qui goûte d'abord au plaisir de la sortie et peu importe ce qu'il ramènera à la maison.


Un style de vie. « Peu importe si je n'ai pas chargé le fusil une seule fois dans la matinée, je suis sorti avec mes chiens, en pleine nature, c'est un luxe que tout le monde n'a pas », argumente le chasseur en montrant la campagne alentours. Car plus que la chasse, c'est bien un choix de vie qu'ont fait Jean-Claude et sa famille. Agent EDF à Mérignac, il partage son temps libre entre la chasse et sa fonction de conseiller municipal à Hourtin. Des activités qui laissent bien peu de place à des loisirs annexes. Et n'allez pas lui dire que la chasse ne dure qu'une partie de l'année, vous vous verriez répondre « que les zones de chasse s'entretiennent toutes l'année ! On a la nature comme capital, à nous de la préserver si on veut que des espèces s'y développent et que l'on puisse continuer à chasser. » Comme quoi, la chasse en Médoc, c'est une histoire sans fin.

Sud -ouest le 15 sept

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