« La vie n'a pas de prix »

Publié le par robert

GIRONDE VIGILANTE. --L'association, réunie vendredi dernier en assemblée générale, poursuit son combat contre la départementalisation du Sdis. Le point

:Pierre Vallade

L'association Gironde Vigilante tenait son assemblée générale vendredi, salle de la Bugade à Carcans. Environ 250 personnes, parmi elles de nombreux élus, dont les maires des communes de Bruges, Brach, Carcans, Hourtin, Naujac, Saumos, Vendays et Marcheprime, étaient réunis autour du président Jacky Costes pour soutenir l'action entreprise contre ce qu'il appelle « la départementalisation des services de secours ».
Née le 30 juillet 2007 suite à l'incendie de Bazas, Gironde Vigilante compte à ce jour près d'un millier d'adhérents. Parmi eux, de nombreux anciens pompiers. Depuis sa création, l'association ne cesse de dénoncer « les dysfonctionnements des secours », et en particulier « la lenteur du centre 15 et des conséquences pour les malades ». Gironde Vigilante s'élève également sans détour contre la diminution des effectifs de pompiers professionnels ou volontaires dans les centres de secours ruraux.


Les revendications. Jean-François Seguy, secrétaire de l'association, a longuement évoqué les points de divergences qui opposent le Sdis à Gironde Vigilante. Pour cette dernière, « la vie humaine n'a pas de prix et il ne doit pas y avoir de sécurité à deux vitesses, une normale et rapide en zone urbaine, et une autre, lente et dangereuse en milieu rural. » Et Jean-François Seguy de dénoncer « la réduction du nombre de sapeurs-pompiers et leur absence après 19 heures, ainsi que les week-ends et jours fériés dans les centres de secours. »
« Notre combat, a rappelé le secrétaire, est d'obtenir une présence permanente des pompiers dans les centres, le rétablissement du commandement direct du chef de centre et la possibilité d'appeler le 18, de redonner l'initiative aux médecins locaux, d'obtenir que toutes les urgences soient traitées gratuitement, qu'il s'agisse d'un incendie, d'un nid de frelons ou d'un accident domestique. Et encore que la sécurité des biens et des personnes redevienne un service d'État et non départemental, et qu'enfin soit rétablie une égalité de traitement entre les zones rurales et urbaines. »


Concertation. D'autre part, Jean-François Seguy a donné lecture de l'intervention effectuée par Pascale Got, députée du Médoc, auprès du ministre de la santé, Roselyne Bachelot, et des avancées obtenues après concertation avec le Sdis 33, le Samu 33 et la Ddass 33. Parmi celles-ci, un rapprochement du 15 et du 18 est envisagé tout comme la possible intégration d'infirmiers au sein du Sdis, dépêchés avant l'arrivée du Smur. Cependant, à ce jour, rien n'a été signé.
De son côté, André-Yves Giraudau, ancien sapeur-pompier professionnel, a pointé la politique de réorganisation du Sdis souhaitée par le colonel Decellieres. « Nous, contrairement au colonel Decellières, a-t-il précisé, nous souhaitons avoir davantage de personnels volontaires ou professionnels intervenants au sein des centres de secours afin de pouvoir répondre le plus favorablement possible aux demandes de secours des personnes et des biens. » Toutefois, Gironde Vigilante a réaffirmé sa solidarité au corps des sapeurs-pompiers.



Feux de forêts et plages. La forêt et l'avenir de la sylviculture inquiètent non seulement Gironde Vigilante, mais également les maires des communes à forte densité forestière, ainsi que l'association Vive La Forêt qui, sur ce sujet, se déclare solidaire.
Tous déplorent la « suppression totale des effectifs dans les centres de secours plus spécialement affectés aux incendies de forêts comme Salaune et le Temple (12 à Salaune, 12 au Temple) et sept dans les centres de Saint-Laurent-Médoc, Carcans, Hourtin, Vendays », ces derniers redoutant « l'incapacité des services de secours à faire face à des grands incendies comme en 1949 ou 1989 ». La météo médiocre de cet été n'a pas permis de confirmer, ni d'infirmer ces craintes puisqu'aucun incendie majeur ne s'est déclaré dans le Médoc. Fort heureusement.
L'autre point d'inquiétude et de mécontentement concerne le désengagement de l'État dans la surveillance des plages. Henri Sabarot, maire de Carcans, dans son intervention a souligné « qu'il est parfois difficile à comprendre que l'on mette de gros moyens pour regarder si vous roulez à 57 km/h au lieu de 50 quand vous traversez une agglomération alors qu'en arrivant à la plage, il n'y a pas de CRS pour vous surveiller. Je crois que là aussi il ne doit pas y avoir deux régimes. La sécurité est une loi régalienne selon laquelle tous les citoyens quels que soient leur lieu de vie et leurs moyens, doivent être défendus et protégés dans la plus parfaite égalité. »
Au final, l'assemblée générale de Gironde Vigilante n'a pas permis de mettre en relief une solution qui permette de satisfaire les différentes parties en présence. Affaire à suivre...

Sud-ouest du 22 sept

Publié dans La sécurité

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Cocol'r 23/09/2008 20:51

Cette association fait un traail remarquable. L'adhésion est à 8 €. Aidons les à sauver le service public au service des biens, de la forêt et des personnes