« Rien d'anormal »

Publié le par robert

Jeudi 02 Octobre 2008 de Sud-Ouest

LITTORAL. La mortalité des poissons inquiète les Landes et le Pays Basque. En Gironde, il n'y a pas eu d'échouages massifs

En Gironde, les adeptes du surf casting n'ont rien remarqué d'inhabituel Photo Martine dubernet
En Gironde, les adeptes du surf casting n'ont rien remarqué d'inhabituel Photo Martine dubernet

Sur les plages de Capbreton, dans le lac d'Hossegor et dans l'estuaire de l'Adour, des échouages de poissons massifs, surtout des muges, aussi appelés mulets, ont été observés durant la dernière quinzaine de septembre.

Bien que ce phénomène de mortalité subite, qui reste aujourd'hui en partie inexpliqué, semble s'estomper selon la préfecture des Landes qui pilote le dossier, Surfrider Foundation continue de dénoncer une hécatombe sur le littoral. Lundi, dans un communiqué publié sur son site Internet, l'association de défense de l'environnement a fait état de nouveaux échouages. Cette fois, ils se seraient produits sur les plages du sud de la Gironde, à la limite des Landes et de sa station balnéaire de Biscarosse.

Pas de signalement suspect.

Hier, Yves Hersfeld, le directeur du port de pêche d'Arcachon, signalait que les chalutiers n'avaient rien observé d'anormal lors de leurs dernières sorties à l'océan. « Nous ramassons les quantités habituelles. Et les poissons arrivent bien vivants dans nos filets. Nous avons une pêche normale. »

Même son de cloche pour Francis Souza, responsable d'une association de surf casting à Vendays-Montalivet dans le Médoc. « Le week-end dernier, il y a eu une compétition chez nous. Une trentaine de bars ont été sortis. Nous n'avons pas vu de poissons morts sur la plage. On a évoqué cette histoire, mais rien n'est remonté à notre niveau. » Un constat que confirme la Direction départementale des services vétérinaires de la Gironde, ainsi que l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) à Arcachon.

Une bactérie en cause.

Dans le Pays Basque et dans les Landes, des autopsies ont été pratiquées sur les cadavres des poissons retrouvés échoués sur les plages. Le laboratoire départemental des Landes a identifié une bactérie non toxique pour l'homme, et qui serait à l'origine de cette surmortalité. Selon Jean-Paul Dréno, responsable de la station de l'Ifremer à Arcachon, l'épizootie marine, qui touche principalement les muges, mais aussi les soles et les bars, se serait vraisemblablement déclenchée après une « agression » sur le milieu ambiant. Il évoque avec prudence la piste d'une pollution passagère, ou d'un réchauffement de l'eau.

Ce qui aurait eu pour effet de « stresser » le poisson, et au final de le rendre plus vulnérable aux attaques de certaines bactéries.

Dans le courant de la semaine, des analyses définitives devraient préciser les causes étranges de cette mortalité. C'est le laboratoire de l'Ifremer à Anglet qui est chargé de l'enquête. L'administration, elle, n'a pris aucune mesure d'interdiction de consommation du poisson. Les analyses confirment qu'il n'y a pas de risque.

www.surfrider-europe

Auteur : Julien Lestage

Publié dans L'océan

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