Nouvelle donne au Conseil

Publié le par robert




LACANAU. Le premier échange du mandat sur les orientations budgétaires fut pour l'opposition l'occasion d'afficher sa détermination à s'imposer dans le débat


L'ambiance conviviale et détendue du Conseil municipal de jeudi, où même l'humour s'im-misça parfois, ne doit tromper personne. Suite aux dernières municipales qui ont mis le maire en ballottage, Jean-Michel David doit désormais faire face à une opposition qui a décidé de faire valoir ses droits. L'atmosphère décrispée de ce dernier Conseil marqué par le débat d'orientations budgétaires n'empêcha pas en effet les prises de position marquées de l'opposition et les critiques fermes sur certaines options prises par la majorité. Le groupe « Vivons Lacanau », notamment, occupa le terrain d'une opposition qui se veut constructive sous la houlette de son leader, Laurent Peyrondet qui, mêlant les traits d'humour et les démonstrations convaincantes, séduisant jusqu'au camp de la majorité, s'affirme de plus en plus comme l'opposant principal à David.


Sans concession.

Tout en maniant un langage mesuré, il fut néanmoins sans concession avec la présentation des orientations budgétaires par l'adjoint aux finances, Jean Dupin, estimant que, contrairement aux promesses faites pendant la campagne, « c'est un programme sans ambition », s'étonnant que « la majorité reste aussi frileuse sur l'emprunt, privant les Canaulais des équipements qu'ils attendent. » Il estime en effet que « le taux d'endettement est très en dessous des communes touristiques équivalentes » et regrette de ne pas voir dans ces orientations « la volonté politique pour les années à venir ». « Constatant qu'on lui reproche de "jouer petits bras", Jean-Michel David fait remarquer qu'à ce stade de l'élaboration du budget, "il n'est question que de thèmes très généraux" et que les "investissements espérés se préciseront par la suite". Il fait cependant valoir qu'il s'agit de « respecter certaines règles de sagesse budgétaire » et qu'il faut envisager cette préparation de budget dans le cadre « d'une programmation triennale, voire quinquennale ». Revenant à la charge, Laurent Peyrondet estime par ailleurs que, compte tenu à la fois de l'inflation et de l'évolution de la fiscalité locale liée aux transferts de compétence, « les impôts devraient augmenter pour les Canaulais de 5 à 7 % » et déplore que « les charges de personnels de la ville atteignent 50 % du budget, ce qui commence à faire très cher ». Il prône une « mutualisation des compétences et des transferts vers la CdC », le maire lui rétorquant qu'il n'est pas si facile « de persuader les élus de la CdC », doutant que « ces transferts se fassent aussi rapidement qu'on le souhaiterait ».

Une envolée.

Suite à cet échange de belle tenue entre David et Peyrondet, le socialiste Olivier Soria déplore lui aussi un « sous-investissement », mais se lançant dans une envolée de portée très générale dans laquelle il dénonce, à l'étonnement général, la politique économique du gouvernement, il fait finalement la preuve des difficultés actuelles de la gauche en France à rester centrée sur les problèmes concrets, faisant dire au maire que « le Conseil municipal n'est pas le conseil des ministres ». Les deux socialistes du Conseil feront néanmoins d'autres interventions plus à propos, comme cette exigence d'informations plus rigoureuses réclamées par Jésupret concernant les coûts de certains marchés publics.

Au final, à l'épreuve de cette mandature qui voit pour la première fois une opposition officielle siéger au Conseil, les observateurs ont pu noter que ce changement politique de situation apporte davantage de contenu et de rigueur au débat public, et certainement plus de transparence. Sans doute que la démocratie canaulaise a gagné là en maturité, au bénéfice des Canaulais.

Auteur : Cédric Grèze
sud ouest du 18 oct

Le blog: Merci à Cédric pour son compte-rendu, il semble qu'un peu de démocratie rentre dans ce conseil municipal , mais avec 2 oppositions dissenciables et de qualités diverses, JM David ne pourra pas faire ce qu'il veut et c'est tant mieux pour la démocratie

Publié dans la démocratie

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Mansot Jonathan 22/10/2008 11:53

La section socialiste s'étonne des propos peu objectifs tenus par M. gréze, correspondant de sud-ouest , dans le journal du samedi 19 oct. Au delà de faire de la pub pour Peyrondet, ce qui n'est pas nouveau de la part de M.Gréze, il aurait pu éviter d'enfoncer l'opposition de gauche. En effet, préciser qu'il y avait "une nouvelle donne au Conseil" s'était justement s'apercevoir qu'il y avait une opposition politique, et que nous faisions pas de l'opposition spectacle, mais nous tentons de donner du sens aux évènements. Que le débat sur les orientations budgétaires s'y prêtait totalement, dans la mesure où si nous voulions expliquer pourquoi les impôts risquaient d'augmenter l'année prochaine, il nous fallait prendre du recul et de la hauteur, et préciser que les financement des communes se réalisaient principalement par des dotations de l'Etat, que ces dernières étant en baisses, la commune de Lacanau allait subir directement cette baisse, sans compter les politiques de désengagement de l'Etat comme la suppression de la surveillance des plages l' été. C'est pourquoi, nous laissons juge la population de lacanau en lui donnant à lire notre intervention. (http://lacanau.parti-socialiste.fr , rubrique conseil municipal)

Morgane 23/10/2008 08:28


Merci à Jonathan Mansot de son apport car il semble que le débat canaulais en sortira plus fort si un véritable débat impliquant l'ensemble des composantes de la vie sociale (associative en
particulier)  et politique se fasse sur Lacanau