Le phare veille sur ses gardiens

Publié le par robert

D'IMPORTANTS TRAVAUX SUR LE FÛT, CORDOUAN. C'est un syndicat mixte, associant les deux rives, qui devrait prendre en charge la gestion du « Roi des phares ». L'objectif est de renforcer sa vocation touristique et d'y maintenir les gardiens


Jean-Marie Calbet, le président de l'association de sauvegarde du phare de Cordouan, s'est dit rassuré par la nouvelle orientation proposée
Jean-Marie Calbet, le président de l'association de sauvegarde du phare de Cordouan, s'est dit rassuré par la nouvelle orientation proposée

es nouvelles qui devraient rassurer les admirateurs du « Roi des phares ». Elles émanent de la dernière réunion de travail du comité de pilotage qui planche sur le devenir du phare de Cordouan (lire ci-contre). Bien que la décision ne soit pas encore officiellement entérinée, le monument historique continuera certainement d'être veillé par des gardiens.

Pas question donc de priver l'édifice, qui est automatisé depuis peu, d'une présence humaine à l'année. C'est ce qu'un cabinet de conseil, sollicité par le Conservatoire du littoral et la préfecture, a vivement recommandé au comité de pilotage Phare de Cordouan. Lequel est animé depuis plus d'un an par Francis Idrac, le préfet de la Gironde. Outre le côté symbolique d'une telle mesure, Cordouan est le dernier phare à avoir ses gardiens, raison déterminante de cette orientation. Il s'agira d'« éviter le vandalisme et les vols sur le site », explique Olivier Delcayrou, le sous-préfet du Médoc.

350 000 euros à l'année.

Selon toute vraisemblance, c'est le Syndicat mixte pour le développement de l'estuaire de la Gironde (Smiddest), associant les collectivités des deux rives (Conseils généraux de Gironde et de Charente-Maritime, Conseils régionaux d'Aquitaine et de Poitou-Charentes), qui devrait prendre en charge la gestion de Cordouan.

Alors que des travaux d'automatisation de son système de signalisation avaient été engagés dès 2006, le ministère des Transports, de l'équipement, du Tourisme et de la Mer, avait clairement annoncé à l'époque sa volonté de mettre fin à la présence humaine sur le site.

Tourisme, puis surveillance et entretien du phare, seront donc les nouvelles missions des agents qui seront affectés à l'année. Pour cinq permanents, le coût du gardiennage a été évalué 350 000 euros.

Entre les visites et la vente de produits dérivés, les recettes générées par Cordouan pourraient s'élever à 200 000 euros. C'est ce qu'un budget prévisionnel a déjà dévoilé.

Dans le courant du premier trimestre 2009, une dernière réunion du comité de pilotage devrait permettre d'officialiser la prise en charge de la gestion du phare de Cordouan par le Smiddest. La région Poitou-Charentes doit encore être consultée.

D

Pour l'embellir et renforcer sa vocation touristique, le fût du phare de Cordouan va devoir faire l'objet de travaux. L'opération a été évaluée à 12 millions d'euros. L'État, qui reste propriétaire du site, s'est engagé à assurer la maîtrise d'ouvrage du chantier. Outre le recrutement des nouveaux gardiens et la gestion du monument, l'une des missions du Smiddest va consister à travailler sur le financement de ce projet d'embellissement et de réaménagement de la tour. à terme, il devrait être possible de dormir sur place et d'acheter ses bibelots dans une boutique dédiée à Cordouan. Alors que les travaux pourraient se prolonger dans le temps, un avant-projet sommaire va être lancé pour organiser le chantier de façon à ne pas interrompre la visite sur site.

Siègent au comité de pilotage Cordouan : élus des deux rives, représentants des services de l'état, et des régions Aquitaine et Poitou-Charentes.

Auteur : Maguy Caporal et Julien Lestage

Publié dans le patrimoine

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