En sentinelle de la forêt

Publié le par robert


ENVIRONNEMENT. À la veille de l'assemblée générale de Vive la Forêt, rencontre avec sa présidente Dominique Gisson. En 2009, l'association fêtera ses 20 ans
Outre le respect de la loi littoral, le risque incendie sur un massif forestier particulièrement fragile reste
Outre le respect de la loi littoral, le risque incendie sur un massif forestier particulièrement fragile reste

Avant la tempête de 1999, il y a eu l'incendie de 1989. La 18 août, la forêt du Porge s'embrase. Plus de 3000 hectares seront ravagés par les flammes. C'est au lendemain de cet épisode tragique que l'association Vive la forêt est créée. Présidée par Dominique Gisson, le mouvement veille à la défense du massif forestier, et aussi à faire respecter le Code de l'urbanisme et les lois d'aménagement et de protection de la nature, telles la loi littoral ou la loi paysage. Dimanche, à Lacanau océan, se déroule l'assemblée générale de VLF. A la veille de cette réunion, toujours animée par un débat avec les maires, rencontre avec la présidente.

« Sud Ouest ». Vive la Forêt aura 20 ans en 2009. Sur cette question de la protection de l'environnement, quelles évolutions avez-vous observé dans le positionnement des élus ?

3 Dominique Gisson. C'est difficile de généraliser. Nous travaillons sur beaucoup de communes. Les élus sont nombreux, et ils se succèdent. Depuis les dernières élections, de nouveaux maires sont en place. Si on note qu'il y a une réelle prise de conscience de la nécessité de protéger l'environnement, je peux aussi observer qu'elle n'est pas toujours suivie des faits.

3 Le document d'orientations générales du SCOT des Lacs Médocains vous a fait bondir. C'est l'urbanisation des bourgs qui vous inquiète ?

Sur ce document, on peut lire un développement important de l'urbanisation des bourgs. VLF a toujours défendu la revitalisation des bourgs, mais dans des proportions qui ne changent pas le visage de nos communes. D'autre part, le document des Lacs Médocains se réfère beaucoup à la loi littoral. Et dans la réalité, il destine des sites sensibles à l'urbanisation. Il semble que tout cela ne soit pas très conforme au Code de l'urbanisme.

3 Dans le cadre de certains projets, la concertation entre les élus et VLF semble ne pas toujours se dérouler au mieux. Question de culture du dialogue ? De diplomatie ?

Notre association est agréée. Et la loi prévoit, dans le cadre de l'élaboration de certains documents d'urbanisme, que des mouvements comme les nôtres puissent être associés aux travaux. Nous constatons que tous les élus ne souhaitent pas partager ces dossiers. C'est dommage. Ils prennent aussi le risque de s'exposer à la contestation, plutôt que de concerter en amont. Sur le SCOT du Bassin d'Arcachon par exemple, notre demande de participation aux réunions de travail a été prise en compte. Et cela s'est bien passé.

3 La société Valorem a dessiné une carte de l'implantation de parcs éoliens dans le Médoc. Des élus sont réceptifs. L'État encourage le développement des énergies renouvelables. Quelle est la position de VLF sur l'éolien ?

VLF n'est pas contre l'éolien. En revanche, nous sommes contre une implantation qui se ferait n'importe où. Et en particulier sur des sites protégés. En ce qui concerne le Médoc, nous pensons que le bénéfice des ces implantations serait bien moindre que les dégâts qui pourraient être occasionnés. On nous dit aussi que l'implantation n'est pas irréversible. Mais on comprend que des hectares de forêt vont être saccagés. Et que pour fixer les machines au sol, on utilisera des tonnes de béton. Enfin, l'étude de la carte des vents pour la France démontre que le secteur du Médoc pas n'est suffisamment venté pour les éoliennes. Une lecture qui s'oppose aux résultats d'une étude demandée par l'ADEME et la région Aquitaine à la Compagnie du Vent. La Compagnie du Vent est une société spécialisée dans l'implantation de parcs éoliens...

3 Alain Rousset, le président de la région, est récemment venu présenter le lancement de l'étude d'un parc naturel régional en Médoc. Selon vous, une chance pour la presqu'île ?

Ca ne peut pas faire de mal. C'est bon pour l'image. Mais le PNR ne donne pas l'assurance que l'environnement sera préservé en Médoc. Si l'outil peut faire prendre conscience que nous sommes sur un territoire fragile, tout va dépendre ensuite de ce que l'on va mettre dans l'enveloppe.

3 Après presque deux décennies d'engagement, quel est le dossier qui retient aujourd'hui le plus votre attention ?

Le projet d'un golf immobilier de 32 hectares sur le site fragile du marais de Clarence. Nous sommes sur la commune de Carcans-Maubuisson. À l'époque, nous venions de créer VLF. Le maire était Mr Salivas. Pour la première fois, et afin de contester la légalité de ce dossier, nous décidons de saisir le tribunal administratif. Par la suite, il nous donnera raison. Après cet épisode, l'association a pris conscience qu'elle pouvait véritablement être écoutée, et agir. Cela a été un encouragement à poursuivre dans nos activités.

Assemblée générale de Vive la Forêt : Ce dimanche 16 novembre, à la salle l'Escoure de Lacanau océan. Début de la réunion à 9h30

Auteur : Propos recueillis par Julien Lestage

Publié dans Vive La Forêt

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TRIVAS Benoit 18/08/2010 17:43


Bonjour, L'incendie de 1989 n'a pas eu lieu en aout mais en juillet, voir les articles du journal Sud-Ouest. Je m'en rappelle tres bien car ce mois ci il y avait eu une canicule et les passages
d'avions bombardiers d'eau au dessus de ma tete. Impressionnant le bruit. Merci de verifier. Benoit TRIVAS