Opposition frontale entre Carcans et Vive la Forêt

Publié le par robert

LACANAU. L'assemblée générale de Vive la Forêt se tenait hier matin. Elle a été le lieu de l'affrontement entre Dominique Gisson, sa présidente, et Henri Sabarot, maire de Carcans


La tension a été vive entre la présidente de l'association, Dominique Gisson (4e en partant de la gauche), et le maire de Carcans, Henri Sabarot (1er à gauche). photo Jean-christophe wasner
La tension a été vive entre la présidente de l'association, Dominique Gisson (4e en partant de la gauche), et le maire de Carcans, Henri Sabarot (1er à gauche). photo Jean-christophe wasner

La réponse du berger à la bergère. Henri Sabarot, maire de Carcans, n'a pas apprécié le contenu de l'interview que Dominique Gisson, présidente de l'association Vive la forêt (VLF), a donné à "Sud Ouest" (notre édition du 13 novembre).

Et il l'a fait savoir, hier matin à Lacanau, lors de l'assemblée générale de l'association. Lors du débat où étaient conviés le sous-préfet de Lesparre, le vice-président du Conseil général, Yves Lecaudey, et les maires des communes du littoral du Médoc et du bassin d'Arcachon, Henri Sabarot et Dominique Gisson se sont lancés par deux fois dans une joute verbale qui contrastait avec l'ambiance sereine jusque-là.

« Brandir la jurisprudence »

Le premier accrochage intervient sur le dossier de La Bécassière, au Montaut, un projet de résidence de tourisme. Une intervenante dans la salle interroge la présidente de l'association : pourquoi attaquer un permis de construire modificatif, meilleur, selon elle, que le permis initial ? Dominique Gisson contre-attaque. « Ce projet n'était pas meilleur. Il est de toute façon implanté sur une zone inconstructible, selon VLF, au regard de la loi littoral. C'est un nouveau permis, compte-tenu des modifications substantielles qu'il comporte. Et les deux sont illégaux. »

Henri Sabarot répond du tac au tac. « De toute façon, le permis de construire modificatif a été retiré par le pétitionnaire. C'est donc le premier permis qui est applicable. Et comme il est valide, le projet va se construire. » Bronca dans la salle parmi les membres de l'association. Le maire de Carcans a réussi son effet. Il frappe plus fort. « Il est dommage que l'on brandisse jurisprudence et menaces dans cette affaire. Surtout que je suis convaincu que le permis modificatif était meilleur. » Une pierre pour le jardin de Dominique Gisson.

Gérard Calvinhac, président de la séance et membre de VLF, calme le jeu des duettistes : « Le bon sens doit prendre le dessus, même s'il faut en passer par le tribunal. »

Le SCOT de la discorde

La question qui suit amène pourtant à une nouvelle passe d'armes. Elle porte sur le schéma de cohérence territoriale (SCOT). Dans notre édition du 13 novembre, Dominique Gisson déplorait « que les élus (de la Communauté de communes des lacs médocains NDLR.) ne souhaitent pas partager ce dossier ».

Visiblement agacé par ces propos, Henri Sabarot attaque bille en tête. « Je m'inscris en faux quand Dominique Gisson dit qu'elle n'a pas été associée à ce dossier. Elle a été invitée par courrier avec tous les égards qu'on lui doit, lance le maire de Carcans en agitant un courrier au-dessus de sa tête. Il est encore temps de faire vos remarques», lance-t-il à la présidente de VLF.

Droite dans ses bottes, Dominique Gisson renvoie le maire dans les cordes : « Je maintiens ce que j'ai dit. Nous n'avons été conviés qu'à la réunion de présentation du document d'orientations générales. Il serait temps de faire la différence entre des associations de type loi 1901 et les associations agréées, comme VLF, qui doivent être associées aux travaux d'élaboration d'un SCOT, comme l'y autorise le Code de l'urbanisme. »

Gérard Calvinhac interrompt la discussion pour ramener le calme. Il l'a compris : Dominique Gisson et Henri Sabarot ne pourront s'entendre sur ses dossiers.

Jean-Christophe Wasner

Publié dans Vive La Forêt

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