Jean-Pierre Gauffre, la mauvaise foi matinale de France-Info

Publié le par robert

Le monde de ce jour publie une "bio" d'un grand nom du Médoc: Le rédacteur en chef et fondateur du Journal du Médoc, Jean-Pierre Gauffre:

Ce matin-là, il est possible que certains auditeurs de France Info aient reçu un électrochoc en buvant leur café. C'était le 14 juillet 2008, à l'heure des croissants, des commémorations et des garde-à-vous. Un moment plutôt solennel et grave, de ceux que l'on a plutôt tendance à respecter, en tout cas sur l'antenne un rien gourmé de France Info. La surprise n'en a été que plus saisissante.

C'était une chronique que l'on ne connaissait pas. Bachar El Assad, à la tête de la Syrie, y était présenté comme "un charmant garçon, brillant et volontiers taquin", dont la présence dans la tribune officielle du défilé ce jour-là était "une chance formidable". "Evidemment, vous n'êtes pas obligés de me croire", paraphait l'auteur. Une signature que l'on retrouve du lundi au vendredi sur France Info, à 6h51 et 10h57, comme une griffe, ultime ponctuation d'"Il était une mauvaise foi", le billet d'humeur et d'humour de Jean-Pierre Gauffre.

Avec "Elle se mêle de tout", que se partagent Anne-Elisabeth Lemoine et Marion Ruggieri, la station donne déjà dans la légèreté. La mauvaise foi de Gauffre, elle, pousse le bouchon de l'impertinence plus loin. La voix, travaillée, est chaleureuse et ronde comme le personnage. La crise, les débâcles, les tricheries : c'est toujours formidable dans la bouche de Jean-Pierre Gauffre. Le texte est tout en effronterie. L'inspiration ne manque pas, le désordre du temps présent offrant son poitrail au fer rouge de la parodie. Tranchant dans le flux tendu des nouvelles et du ton sérieux de la radio, apportant une "bouffée d'oxygène qui fait du bien sur une chaîne anxiogène", comme le reconnaît Patrick Roger, directeur de la radio.

IMPERTINENCE A 52 ans, le chroniqueur revendique un parcours "chaotique et atypique", entre journalisme et humoriste, "deux métiers de doute". Il fut grand reporter à Europe 1, service justice et police, deux secteurs pas très tordants. Il fit un passage éclair à L'Express. Puis l'homme se retrouve embarqué par son ami d'Europe 1, Gérard Bonos, dans l'aventure de Radio Classique. C'est là qu'il aiguise la pointe de ses premières flèches. Il y est chargé d'une revue de presse économique, sujet dont il n'est pas un spécialiste. La revue tourne vite au billet d'humour.

En 1992, coup de fil à Radio Classique. C'est Jacques Martin qui souhaite rencontrer le chroniqueur. Durant quatre ans, l'ancien grand reporter se retrouve sur le plateau de "Ainsi font, font, font…", sur France 2. Au menu, l'inévitable exercice de la revue de presse, mais aussi des parodies. "J'ai beaucoup de respect pour Jacques Martin, avoue le chroniqueur. C'était un génie de l'impertinence." A l'époque, on peut aussi le voir sur la scène du théâtre des Deux ânes à Paris. Le goût des planches ne l'a pas abandonné : en novembre, il a donné Le Dîner de con au Théâtre de la Pergola à Bordeaux.

Car c'est en Gironde que l'impertinent chroniqueur a décidé d'ancrer sa vie. Quand la roue de la télévision et du spectacle a tourné en 1997, Jean-Pierre Gauffre venait de s'installer dans le Médoc. Le journalisme l'a repris par la manche. Avec sa femme, il a créé l'hebdomadaire Le Journal du Médoc. Sur France Bleu Gironde, il a retrouvé l'impertinence. C'est là que Philippe Chaffanjon, reporter radio comme lui dans les années 1980, devenu directeur de la rédaction de France Info, l'a retrouvé. Le patron de la rédaction recherchait des "aspérités" pour rompre le flux lisse des infos en continu. Il n'a pas hésité. "Jean-Pierre est un vrai journaliste et pas un chansonnier", explique-t-il. Car on allait l'oublier : en soulevant un coin de l'étoffe de la parodie, ce n'est rien d'autre que l'info qui se montre dans sa plus grande crudité. Evidemment, vous n'êtes pas obligé de nous croire.

Olivier Zilbertin
Jean-Pierre Gauffre: 27 DÉCEMBRE 1957 NAISSANCE À LANGRES (HAUTE-MARNE) 1980-1986 GRAND REPORTER À EUROPE 1 1986-1987 JOURNALISTE À "L'EXPRESS" 1988-1993 CHRONIQUES SUR RADIO CLASSIQUE 1992-1996 CHRONIQUEUR À "AINSI FONT, FONT, FONT" SUR FRANCE 2 1997 LANCEMENT DU "JOURNAL DU MÉDOC" JUILLET 2008 DÉBUT DE "IL ÉTAIT UNE MAUVAISE FOI" SUR FRANCE INFO

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