Le quartier nord à bout de nerf

Publié le par robert

Voilà le spectacle que voient souvent, l'été, les habitants des quartiers situés sur le tracé allant des campings au centre-ville. (PHOTO C. G.)

À bout de nerf. Exaspérés. Excédés. Les habitants du quartier nord n'en peuvent plus. Tapage nocturne, dégradations en tout genre, vandalisme, vol, agressions sont leur lot depuis des années pendant la période estivale, la nuit, quand les jeunes se rendent des campings vers le centre-ville et les bars de nuit. Bouteilles cassées sur les trottoirs ou dans les jardins, traces d'urines sur les murets, clôtures détériorées, rétroviseurs arrachés, vomis dans les allées privées... Dans un récent courrier en recommandé, après des années à alerter la commune sans résultat, les délégués du conseil du quartier nord ont fait connaître au préfet de Gironde cette profonde exaspération.

Exaspération

Devant l'impuissance des pouvoirs publics à régler ce problème, ils craignent même que « des riverains excédés et craignant pour leur sécurité prennent les choses à leur compte la saison prochaine et ne passent à l'acte ». Le maire lui-même avoue son impuissance, jugeant la participation de la gendarmerie « peu satisfaisante » et estimant même que son « inactivité remet en cause les actions de la police municipale ». En effet, se sentant peu soutenus par les gendarmes, les policiers municipaux hésitent à intervenir. Jusqu'à la saison 2008, la patrouille de nuit de la police municipale était composée d'un agent permanent et de deux saisonniers, ce qui n'était « évidemment pas suffisant » pour les habitants de ces quartiers. De plus, le conseil de quartier affirme ne pas avoir reçu d'information sur le dispositif mis en place pour l'été dernier. Quant aux gendarmes, ils obéissent à des ordres de mission et ils ne semblent pas qu'ils aient l'ordre d'intervenir pour ce genre de problèmes.

Les délégués du quartier nord se montrent même « surpris de constater que la gendarmerie, passant à côté de groupes conséquents, divaguant bouteilles d'alcool à la main et hurlant dans les rues à des heures avancées de la nuit, n'interviennent pas ». Selon les représentants des riverains, « ces exactions sont le fait d'une population de plus en plus jeune, alcoolisée, qui consomme des substances narcotiques et font entendre des vociférations furieuses jusque tard dans la nuit. « On comprend l'exaspération de la population devant une situation qui se dégrade d'année en année, et qu'ils apparentent à des cas d'émeute ». D'autant plus quand les victimes vont porter plainte, et que les forces de l'ordre tentent, toujours selon le conseil de quartier, « de les en dissuader, de minimiser les faits, de banaliser ces situations ! »

Appel à la population

À bout de ressources, les délégués du quartier nord comptent beaucoup sur les retombées de ce courrier adressé au préfet de Gironde. Lançant un appel à la population et se disant persuadé que sur un tel sujet « l'union fait la force », ils disent vouloir constituer « un dossier de plaintes et témoignages » et demandent aux habitants victimes de dégradations ou autres exactions de leur adresser les copies « des dépôts de plaintes en gendarmerie, courriers envoyés à la mairie, ou même les simples témoignages ». Tous espèrent pouvoir vivre une saison 2009 plus tranquille et sans angoisse pour leur personne et leurs biens.

Auteur : Cédric Grèze

Publié dans La sécurité

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