L'État souhaite créer un parc marin dans l'estuaire

Publié le par robert

ENVIRONNEMENT. Dès 2009, une étude va être lancée pour la création d'un parc marin dans l'estuaire

Jérôme Bignon : « Il n'y aura pas de sanctuarisation du parc marin, sans accord du conseil de gestion. » (photo Julien Lestage)
Jérôme Bignon : « Il n'y aura pas de sanctuarisation du parc marin, sans accord du conseil de gestion. » (photo Julien Lestage)

Alors que la presqu'île se lance dans l'étude de création d'un Parc naturel régional, c'est une autre étude de parc qui va débuter, et qui concerne aussi les élus médocains. Sur la zone de l'estuaire de la Gironde et des Pertuis charentais, « un lieu où la richesse environnementale est extraordinaire », l'²tat projette de créer un parc naturel marin. Un arrêté ministériel en date du 20 juin annonce le lancement de l'étude de préfiguration.

Jérôme Bignon, le député UMP en charge de l'Agence des aires marines protégées va désigner très prochainement les membres de la mission qui sera chargée de cette étude. Sur une durée de deux ans (l'étude devrait commencer au premier trimestre 2009), le travail va consister à établir un état des lieux des ressources existantes, à concerter avec les acteurs locaux, puis à mettre en place un conseil de gestion. Un organe composé d'élus, des différents acteurs locaux, de techniciens, qui précisera les orientations définitives de ce parc. En clair, ses frontières géographiques et son mode de fonctionnement.

Une communication tardive

Après un passage sur le bassin d'Arcachon (lire notre édition d'hier), c'est à l'invitation de la députée PS du Médoc Pascale Got que Jérôme Bignon est venu lundi, à Lesparre, communiquer sur le parc marin.

Il semble que le difficile débat sur le méthanier n'ai pas incité la préfecture de la Gironde à prendre l'initiative d'organiser une telle information en Médoc. Le lendemain de la réunion, c'est en tout cas ce que livre sans détour Geneviève Rousseau, la directrice adjointe de l'Agence des aires marines protégées. Pourtant, sur l'autre rive, en Charente-Maritime, des réunions sur le parc se sont déjà déroulées.

Sur le sujet du méthanier justement, le député Bignon a clairement dit aux élus et aux représentants d'associations, « que ce n'est pas parce que l'on va implanter un parc marin, qu'il ne pourra pas y avoir de terminal méthanier ». Et d'ajouter : « On ne fera pas un bon parc marin en ayant cette seule motivation de départ. » Le député UMP prend ses distances et souhaite que l'on ne mélange pas les dossiers.

Dans la salle, Gérard Barbé, adjoint au maire du Verdon, a rappelé qu'il existait un port sur sa commune. Et de faire comprendre que Le Verdon ne souhaite pas d'un parc naturel marin qui puisse condamner toute une zone à l'inactivité. « Ou alors qu'on nous le dise clairement ! » a déclaré l'élu. Au Verdon, l'axe économique est de plus en plus sensible.

L'engagement de l'État

Durant cette communication, Jérôme Bignon a aussi tenu à rassurer les élus sur le financement du parc. « Il dépendra entièrement du budget de l'État. Il ne coûtera rien aux collectivités. » Le député a précisé que le dossier sera soumis à enquête publique, et que le projet ne se fera pas s'il y a une forte opposition locale. Il a beaucoup insisté sur la notion de concertation. Dans la région, une notion devenue sensible depuis le débat sur le grand contournement.

Au final, c'est le ministre de l'Écologie qui prendra ou pas le décret de création. Hier, Geneviève Rousseau, jointe par téléphone, revenait sur les fondamentaux du parc. « Il prend en compte le milieu marin dans le but de le préserver, de mieux le gérer. L'activité économique n'y est pas interdite. Mais à condition qu'elle ne fragilise pas le milieu protégé. C'est-à-dire ce qui a motivé au départ la création du parc. » Pour le reste, ce sera aux élus et aux acteurs locaux, qui seront intégrés dans le conseil de gestion, de définir les orientations, le projet.

Lors de la réunion de mardi, Jérôme Bignon a été formel. « C'est un projet ambitieux mené dans le cadre d'une politique d'État [...]. Mais après la phase de concertation, si vous n'en voulez pas, nous irons le faire ailleurs. »

Après le rendez-vous fixé par la Région Aquitaine pour le lancement de l'étude du parc naturel régional, les élus médocains peuvent désormais ajouter le parc naturel marin dans leurs agendas. Soit un projet de plus pour le Médoc orienté sur la problématique environnementale.

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans l'environnement

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