Sale temps pour les sangliers sur la presqu'île

Publié le par robert

NATURE. Toujours plus de sangliers, mais aussi de dégâts. Les chasseurs mettent la pression


Le sanglier affectionne particulièrement les zones arborées disposant de points d'eau. (photo Thierry Suire)
Le sanglier affectionne particulièrement les zones arborées disposant de points d'eau. (photo Thierry Suire)

Grosse pression sur les sangliers en Médoc. Depuis l'ouverture de la chasse au mois d'août dernier, les battues se multiplient sur la presqu'île.

Du nord au sud, il ne se passe pas une semaine sans que, sur le bord de la route ou au détour d'un chemin, l'on aperçoive des hommes en fluo qui attendent patiemment que les cochons sauvages, bougés par la meute des chiens, apparaissent dans la ligne de tir.

Battue au golf de Lacanau

Le mammifère omnivore proche du porc, réputé être « très intelligent » par les chasseurs, est même traqué dans les endroits les plus inattendus. Après la permission retrouvée de « tirer » dans la réserve naturelle du Cousseau (avec autorisation exceptionnelle), c'est sur le golf international de Lacanau, au pied de la station balnéaire, qu'une battue vient d'être organisée cette semaine.

La direction de l'établissement, qui a obtenu une aide de la collectivité de 243 000 euros pour encercler son parcours d'une solide clôture, a quand même été obligée de faire appel aux bons fusils de la société de chasse locale pour sortir les indésirables. Bilan de l'opération : 11 sangliers au tapis (il y a eu des rescapés). L'équivalent d'une équipe de foot, mais qui ne jouait pas à la balle... Les traces des dégâts sur la jolie pelouse en témoignent.

Démographie galopante

Jésus Veiga, maire du Porge et directeur de la Fédération girondine de chasse, confirme que consigne a été donnée aux chasseurs de mener la vie dure à l'animal. En 2007, sur l'ensemble du département, environ 4 500 sangliers ont été abattus. Cette même année, la Fédération, à qui la loi impose de dédommager les agriculteurs dont les parcelles ont été abîmées par les troupeaux, a dû débourser près de 150 000 euros.

Pour 2008, l'objectif à atteindre a été fixé à un « prélèvement » de 6 000 cochons.

Au final, le constat est que l'espèce prolifère, et qu'il faut réguler une population devenue nuisible. Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer une démographie galopante.

La première, observe Jésus Veiga, est que le sanglier « s'habitue à la présence humaine ». Du coup, il prend possession de nouveaux territoires. Il n'est pas rare de le voir à proximité des routes, des résidences. Bref, dans des espaces où il devient impossible de le chasser.

À Carcans-Maubuisson, la commune d'Henri Sabarot, président de la Fédération départementale de chasse, un troupeau de sangliers « ose » même venir régulièrement « brouter » un rond-point du village...

Beaucoup à manger

Un autre motif de cette prolifération est l'abondance de nourriture. Les champs de maïs notamment, que l'on trouve à Carcans, Hourtin, Saint-Laurent, Le Porge aussi, constituent de bons réservoirs alimentaires.

« Le schéma est simple », confie un chasseur. « La nuit, ils viennent se servir. Le jour, ils se planquent là où on ne peut pas tirer. Ensuite, retenez qu'une laie peut mettre bas douze marcassins, et que la période de gestation dure un peu moins de quatre mois... ».

Au passage, le même chasseur rappelle que l'espèce était en voie disparition dans les années 70. Au Porge, le président de la société de chasse se souvient qu'en 1993, ses troupes n'avaient tué que 4 sangliers. « Cette année, nous en sommes à 43. On en voit partout. »

La preuve que le sanglier a des ressources. Et que les chasseurs médocains n'ont pas fini de courir les bois.

Auteur : julien Lestage
j.lestage@sudouest.com

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