La chasse plus simple

Publié le par robert

ENTRETIEN. Henri Sabarot se félicite de l'adoption hier d'une proposition de loi sur le permis de chasser
Henri Sabarot, président des chasseurs girondins. (photo o. delhoumeau)
Henri Sabarot, président des chasseurs girondins. (photo o. delhoumeau)

En quoi cette proposition de loi est-elle pour vous, président de la Fédération des chasseurs de la Gironde et vice-président national, une amélioration et une simplification du droit de chasse ?

D'abord, il faut bien reconnaître que c'est davantage une évolution qu'une révolution. Et il s'agit avant tout d'une simplification administrative, une fluidification des procédures institutionnelles. Le texte conforte notamment les structures associatives de la chasse. Il allège, par exemple, la procédure pour demander l'agrément des fédérations de chasseurs au titre d'association de protection de la nature.

À ce titre, les fédérations pourront saisir la justice avec le droit de se porter partie civile. C'est important pour nous, car c'est reconnaître notre action sur les zones humides, les jachères fleuries, les plans de gestion du gibier, etc. Le chasseur est conscient de prélever. Mais il sait aussi protéger et faire fructifier le capital nature pour en prendre une part des intérêts.

Je suis en tout cas ravi de voir qu'il y a au moins une loi votée à l'unanimité. La chasse ne semble plus être un enjeu de combat politique.

Concrètement, qu'est-ce que cela va changer pour le chasseur ?

Jusqu'à ce jour, par exemple, un chasseur qui faisait valider son permis national ne payait pas le même prix en Gironde, en Dordogne, en Lot-et-Garonne ou dans les Landes. Il en coûtait moins cher dans les grosses fédérations. Il fallait une harmonisation pour éviter le nomadisme, la concurrence malsaine entre les départements. En outre, pour attirer de nouveaux pratiquants, les cotisations et redevances sont réduites de moitié pour les 16-18 ans. Les droits des chasseurs sont renforcés, en cas d'infraction, le retrait du permis n'est plus automatique mais est décidé par un juge.

Quelques suggestions de mesures fortes n'ont-elles pas été abandonnées en route ?

Si, et nous continuerons à nous battre pour les défendre. Nous souhaitions notamment que les propriétaires de territoires non chassés participent à l'indemnisation des dégâts commis par le gros gibier, qui est actuellement à la seule charge des chasseurs. Nous désirions également une qualification pénale spécifique pour ceux qui sabotent ou perturbent volontairement l'exercice de la chasse - activité elle-même encadrée par la loi - par des actions hors la loi.

Certains écologistes se montrent inquiets par l'autorisation, pour la chasse, du grand-duc artificiel et y voient une menace pour l'alouette, notamment.

Ils servent d'appelants, de leurre en forme d'oiseau. Ce sont des accessoires à usage ancestral mais qui servent davantage pour la destruction des nuisibles que pour les chasses traditionnelles.

Auteur : Propos recueillis par
Florence Moreau

Publié dans la chasse

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