Pays Médoc recherche un peu de sérénité financière

Publié le par robert

POLITIQUE. L'augmentation de cotisation demandée par le Conseil syndical du Pays Médoc n'a pas fait l'unanimité

Yves Lecaudey : « L'augmentation proposée, c'est pour nous mettre dans une situation saine. » (photo J. Lestage)
Yves Lecaudey : « L'augmentation proposée, c'est pour nous mettre dans une situation saine. » (photo J. Lestage)

Un débat d'orientations budgétaires dans un contexte de crise économique, cela peut devenir délicat. Et lorsqu'il concerne une structure qui souffre d'un déficit chronique d'image, l'exercice se doit d'être pédagogique pour faire passer le message principal. Notamment lorsque le mot « augmentation » conclut l'exposé.

Samedi, à l'occasion du débat d'orientations budgétaires du Conseil syndical du Pays Médoc, Yves Lecaudey, son président, avait préparé ses tableaux pour convaincre. Objectif : démontrer que la hausse de la cotisation proposée aux six Communautés de communes (CdC), sans oublier Eysines, Blanquefort, Parempuyre, et qui doit revenir à la structure Pays Médoc, était une nécessité.

Au passage, rappelons que ce syndicat mixte, qui rassemble des élus de tout le Médoc, est une « administration de mission » qui travaille au développement social, économique et culturel. Une sorte de bureau d'étude, d'ingénierie, dont l'objectif est d'aider à structurer le territoire via des projets proposés par l'État, la Région, le Département, sans oublier les CdC, les communes, puis les stuctures privées.

Pour assainir la situation

Le budget du Pays Médoc fonctionne, puis s'équilibre, avec des subventions et les cotisations de ses membres. Dans son discours, Yves Lecaudey a expliqué que si « les comptes atteignent l'équilibre dans la durée », la trésorerie, elle, « est le plus souvent dans le négatif ». Il faut comprendre dans ce fonctionnement budgétaire que les subventions notifiées donnent lieu à la perception d'un acompte à l'engagement de l'action, mais que le solde, lui, n'intervient qu'à la clôture de l'action. Résultat, alors que les subventions peuvent s'étaler sur deux exercices budgétaires et aussi être revues à la baisse, c'est la ligne de trésorerie qui se retrouve dans le rouge. Une situation qui entraîne des négociations permanentes avec les banques, et génère des frais financiers.

Pour se donner « un peu d'air », Yves Lecaudey propose alors d'augmenter la cotisation 2009 des six CdC et des trois communes de la Communauté urbaine de Bordeaux. La cotisation passerait ainsi de 1,05?/hab. à 1,50?/hab. (population DGF 2007). Évidemment, cette « inflation », qui sera soumise au vote du budget lors du prochain conseil syndical, a provoqué quelques réactions.

La crise en toile de fond

C'est Henri Sabarot, maire de Carcans-Maubuisson et président de la CdC des Lacs médocains, qui, le premier, sonne la charge.En rappelant que sa CdC avait déja voté le budget, et que les nouvelles actions conduites par le Pays Médoc allaient monter en puissance dans la durée, « ne pourrait-on pas y aller en deux temps ». 2009 devenant « une année transitoire ». Pas question pour Yves Lecaudey, qui insiste sur le fait que l'augmentation de cotisation vise « à sortir de nos difficultés actuelles ».

Jean-Jacques Corsan, président de la CdC Coeur Médoc et conseiller régional PS, plaide pour la nouvelle cotisation, qui « n'est pas exorbitante », comme Béatrice de François, l'édile de Parempuyre, qui rajoute, « il faut se donner les moyens de nos ambitions ». Xavier Pintat, président de la CdC Pointe Médoc et sénateur-maire UMP de Soulac, propose de lisser l'augmentation sur deux ans. Son argumentaire faisait valoir le contexte de crise économique, et la prudence. Jean-Michel David, le maire de Lacanau, demande à Yves Lecaudey plus de lisibilité sur les actions à venir « pour expliquer à ses élus ». Sébastien Hourneau, président de la CdC Centre Médoc et conseiller général PS, donne le soutien à son président. « Il nous faut de la sérénité dans l'action. »

Invité par le président, c'est peut-être Olivier Delcayrou, le sous-préfet, qui aura été le meilleur ambassadeur de ce budget. Tout en précisant qu'il n'était pas là pour influencer un choix politique, il a projeté le Pays Médoc comme l'outil qui va permettre de préparer le projet de parc naturel régional. S'il a invité le pays a faire un effort de lisibilité, il a aussi fait remarquer aux élus « que c'est lorsque la situation est difficile, que le choix politique a de la valeur ».

C'est lors du prochain conseil syndical que les élus devront voter ou pas le budget.

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans la démocratie

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