La presqu'île du Cap-Ferret coupée du monde

Publié le par robert

LÈGE. Depuis 3 heures du matin hier, la commune s'organise pour pallier la destruction de tous ses réseaux d'électricité, de téléphone et d'eau. Mais aucun blessé n'est à déplorer


Même si les axes principaux sont libérés, des arbres et de nombreuses lignes électriques et de téléphone restent au sol sur les voies secondaires comme ici, au Cap.( Photo C. C.)
Même si les axes principaux sont libérés, des arbres et de nombreuses lignes électriques et de téléphone restent au sol sur les voies secondaires comme ici, au Cap.( Photo C. C.)

Arbres abattus, toitures effondrées, vitrines brisées, panneaux de signalisation arrachés, la commune de Lège-Cap-Ferret semble être l'une des plus touchées du bassin d'Arcachon. Depuis hier matin, les habitants de la presqu'île sont presque coupés du monde.

Pourtant, dès 8 heures, services de la police municipale, des sapeurs-pompiers et de la mairie avaient dégagé toutes les routes principales. Depuis 3 heures du matin, les équipes, qui avaient été doublées en prévision de l'alerte rouge, ont réussi à dégager tous les accès principaux comme CD 106. De ce côté, la situation est voie de normalisation. Ce qu'ils n'avaient pas prévu, par contre, c'était la destruction totale de tous les réseaux. « Il n'y a plus du tout d'électricité sur la commune de Lège-Cap-Ferret » rapportent tous les habitants.

Plus de réseau téléphonique

Le réseau téléphonique fixe ou mobile ne fonctionne pas non plus. Les conduites d'eau sont aussi arrachées par les arbres déracinés. Même une grande partie de la bande FM reste muette. Seuls les services de secours peuvent encore communiquer entre eux.

Michel Sammarcelli, le maire, a formé sa cellule de crise dans une mairie plongée dans la pénombre. Tous les élus, qui ont pu sortir de chez eux, se sont partagé la ville, quartier par quartier. La priorité était de repérer tous les arbres sur les voies. Ensuite, recenser les lignes électriques à terre. Enfin, trouver toutes les personnes isolées ou en détresse. Par exemple, le personnel se concerte pour trouver une femme âgée en panique, qui a appelé avant que la ligne ne coupe. Toutes les autres catastrophes sont à noter, mais à gérer plus tard.

Les quincailleries ont été dévalisées par la ville de façon à fournir des chauffages au pétrole pour la maison de retraite, couvertures, bâches et des tronçonneuses pour les employés. Le maire a fait appel aux entreprises de travaux publics et à quelques particuliers, pour trouver des tractopelles.

« Un geyser » au Canon

En mairie, on essaye de joindre désespérément le service des eaux de la Lyonnaise pour couper les arrivées. Au Canon, des inondations commencent à affleurer dans des jardins ou sur les routes. Les témoins parlent d'un « geyser ». Ce sont les pompiers qui effectueront la manoeuvre. De toute façon, même cette nuit, Lège a dû se débrouiller par ses propres moyens. Pour couper les lignes électriques, c'est l'électricien de la municipalité qui a oeuvré. « EDF ne pouvait pas intervenir » explique le chef de la police municipale.

« À l'heure qu'il est, les dégâts sont probablement plus importants qu'en 1999. J'ai jamais vu cela » explique Michel Sammarcelli même s'il ne peut pas encore juger de tout. Il s'inquiète aussi des pompes de relevages des eaux usées qui ne tournent pas sans électricité. « Il manquerait plus que l'on se retrouve aussi dans le caca ».

Les gens semblent perdus

Mais dès 11 heures, le maire doit aussi penser à la relève de ses hommes. Toutes les bonnes volontés sont sollicitées. « Il faut faire attention, certains ont une tronçonneuse dans les mains depuis 4 heures du matin ».

Dans les rues, jusqu'au Cap, avec la fin de la tempête, les gens commencent à sortir. Ils interpellent tous les services de secours pour savoir si la route vers Bordeaux est rouverte, si l'électricité va être rétablie ou encore l'eau. Ils semblent perdus. Dans cette tourmente, où l'on pare au plus pressé, Michel Sammarcelli se réconforte un peu sachant qu'il n'y a pas eu de blessé.

Auteur : Cédric Citrain
arcachon@sudouest.com

Publié dans Le Médoc

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