«Le Temple sinistré»

Publié le par robert

INTEMPÉRIES. Le village forestier a pris la tempête de plein fouet

Dès samedi, autour du maire, des volontaires se sont chargés de dégager les routes.( ph J.Lestage)
Dès samedi, autour du maire, des volontaires se sont chargés de dégager les routes.( ph J.Lestage)

«Nous n'avons plus de téléphone, plus de portable, plus aucun moyen de communication avec l'extérieur. On est coupé de tout ici !». Hier, 9 h 30, devant Le Petit Temple, seul café-restaurant de ce village forestier, Jean-Luc Pallin, le maire, organise les secours avec une partie de la population.

Des rafales destructrices

La commune, qui recense un peu plus de 500 habitants, est située dans le Sud Médoc. Samedi, elle a pris la tempête de plein fouet. José Berriot, le patron du bistrot, dont le commerce est devenu le QG du village, évoque des rafales de vent qui , selon lui, « sont aussi fortes qu'en 1999 ». Il raconte. « J'ai cru que tout allait s'envoler tellemment ça bombardait. J'ai voulu sortir vers 7 heures. Je suis rentré tout de suite. C'était beaucoup trop dangereux. »

Stéphane Allain, un de ses voisins, n'en revient toujours pas. « Dans mon jardin, le saule pleureur est cassé en deux. En 1999, j'étais sur le bassin d'Arcachon. Ce que je vois aujourd'hui, c'est encore plus fort! »

L'océan qui gronde

Au comptoir du bar-restaurant de José, où le café est offert pour réconforter, un riverain revient sur ce qui s'est produit juste avant la tempête. « Vendredi soir, c'était particulièrement calme. Pas de vent. Par contre, on pouvait entendre l'océan comme jamais. À plus de 15 kilomètres de la plage, du vacarme qui résonnait dans la forêt. C'était impressionnant. Et vers 3 heures du matin, le vent a commencé à souffler. Des bourrasques. Elles s'arrêtaient, puis elles recommencaient. Ce n'était pas continu comme en 1999, mais certainement plus violent. Dehors, on entendait que ça craquait de partout. »

Solidarité au village

Autour du maire, les habitants sont nomb reux à prendre les consignes. Jean-Luc Pallin expose rapidement la situation. « Les arbres, qui restaient en bordure des routes, sont tombés. Les lignes électriques sont couchées par les pins. Une équipe d'EDF nous a annoncé le retour du courant pas avant huit jours. » Et l'édile de poursuivre. « Nous n'avons pu joindre personne. Ni Lesparre, ni les pompiers. Nous nous sommes organisés seuls pour parer au plus urgent. Les gens sont venus spontanément à la mairie pour donner un coup de main. On a mis en place des équipes. »

Sur les routes, sur les toits

Tout au long du week-end, le travail a consisté à dégager les routes, les chemins, et les accés principaux. Des volontaires se sont aussi occupés des toitures les plus touchées, et ont installé des bâches. Mais la première des urgences a été de rendre visite aux personnes âgées. Parfois complètement isolées dans leurs maisons.

L'élu précise que des groupes électrogènes ont été acheminépour permettre à trois personnes souffrantes d'utiliser des appareils d'assistance. Au final, Jean-Luc Pallin, comme son adjoint Jean-Pierre Biesse, parlent d'une commune sinistrée. Une commune forestièrequi, après 1999, prend une deuxième claque.

La forêt dévastée

Autre conséquence de cette tempête, la situation de la forêt. Sur le territoire du Temple, elle appartient essentiellement aux privés. Le maire parle de « catastrophe ».

Jean-Jacques Maurin, propriétaires de 500 hectares de pins, fait un premier bilan. « La tempête de 1999 a pulvérisé 400 hectares de ma propriété. 2009 a couché le reste. On commencait à peine à respirer, à reconstruire le massif. Avec la conjoncture économique, je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir. Je ne sais pas non plus ce que l'on va faire de tout ce bois couché».

Auteur : Julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans Le Temple

Commenter cet article