Les globe-trotteurs du dépannage de câbles

Publié le par robert


Sur les 1 500 employés de France Télécom actuellement au travail pour rétablir les lignes, 300 viennent d'autres régions de France
Christian Donas, renfort auvergnat. (PHOTO éRIC DESPUJOLS)
Christian Donas, renfort auvergnat. (PHOTO éRIC DESPUJOLS)

La tempête s'est montrée plutôt clémente à la pointe médocaine. Juste assez virulente pour coucher quelques enseignes, panneaux publicitaires et arbres. En Gironde, à Saint-Vivien-de-Médoc, l'effet domino a coupé des lignes électriques. Route du port, c'est un câble téléphonique qui n'a pas résisté au poids d'un vieux chêne. C'est là qu'ont été dépêchés deux renforts, venus d'ailleurs de France Télécom. Il en va de la téléphonie de 28 clients.

Les deux renforts s'appellent Christian Domas et Jean-Paul Rousset. Le premier vient de Tallende, le second d'Ambert. Laplaque d'immatriculation de leur camionnette à nacelle indique le 63 du Puy-de-Dôme, Auvergne. Avec deux autres collègues, ils ont rejoint le premier contingent de 300 employés, originaires de Bretagne, Champagne, Centre, Limousin, Pays de Loire et Paris, venus renforcer les 1 200 qui travaillent « à domicile ». D'autres devraient arriver dans les prochains jours.

Toujours partant

Christian Donas et Jean-Paul Rousset ont quitté Clermont-Ferrand, hier matin, à destination de... Marseille. En chemin, il leur a été demandé de se dérouter vers les sinistrés du Sud-Ouest. Leur mission a donc commencé dans le Nord-Médoc avec du travail de raccordement sans grande difficulté. « Notre travail évolue de plus en plus vers l'ADSL et la micro. On est contents de revenir travailler sur le câble, qui est notre travail originel », explique Jean-Paul. Dès qu'une mission se présente, il est toujours partant. En septembre, il a passé quinze jours à Montélimar, suite aux dégâts causés par de violents orages. En novembre 2007, c'est un cyclone qui le conduit en Martinique. 2002 et 2006 : direction la Réunion. « Ça casse la routine et fait visiter le pays », dit-il.

Son volontariat n'a rien de compassionnel. Mais, malgré un hébergement à l'hôtel, les travailleurs ne sont pas en vacances. « Nous sommes là pour quinze jours, et certainement une semaine de plus. Au quotidien, c'est du 8 heures-18 heures pour les quatre ou cinq chantiers journaliers. La législation nous impose juste de ne pas dépasser les 48 heures par semaine. Ce qui est étonnant dans la situation actuelle », explique Christian Donas.

Provisoire

Pour lui aussi, le volontariat permet de découvrir « d'autres régions et d'autres mentalités », mais aussi « d'apporter ses compétences et de découvrir d'autres façons de travailler ». Pour se déplacer, les deux collègues sont équipés de GPS. Ils vont en avoir bien besoin lorsqu'ils vont aller rejoindre les zones plus sinistrées du sud.

« Pour l'instant, nous en sommes à gérer les afflux de renforts, la coordination et la distribution du travail. Il s'agit essentiellement de rétablir les lignes sur les 350 sites qui ont été touchés, souvent avec du provisoire. Ce devrait être fini dans les deux ou trois jours, en sachant que le plus dur nous attend dans les Landes », affirme le chef Éric Guibert, venu rejoindre ses nouvelles recrues auvergnates sur la mission de Saint-Vivien-de-Médoc.

Mauvaises surprises

La deuxième phase consistera en la remise en énergie des câbles et des dessertes dont ont été coupés 50 000 clients d'Aquitaine, essentiellement des Landes et de Gironde. « La durée de ce travail est estimée à quinze jours, voire trois semaines. Nous faisons un très gros effort pour que les clients retrouvent les téléphones fixes. Les mobiles sont, eux, opérationnels à 80 % », assure Thierry Rouge, responsable de l'unité intervention Aquitaine.

Hier, quatre jours après la tempête, France Télécom Orange cherchait encore à estimer l'étendue des dégâts. Des techniciens parcourent le territoire pour s'en faire une idée. Pour l'instant, l'opérateur n'avait que les signalements des clients pour se faire une idée.

Dès que les renforts se déplaceront vers le sud, ils trouveront sûrement quelques mauvaises surprises. Pas de quoi inquiéter les Auver- gnats, qui, sans façon et en choeur, perchés dans la nacelle, affirment : « On est là pour ça ! »

10 000 personnes mobilisées

Sur le terrain, il faut mettre en sécurité et réparer. (Photo Th. David)
Sur le terrain, il faut mettre en sécurité et réparer. (Photo Th. David)

Plus de 10 000 personnes interviennent sur le terrain pour tenter de réparer les dégâts provoqués en quelques heures par la tempête dans le Sud-Ouest. Plusieurs centaines proviennent d'autres régions françaises.

C'est, entre autres, le cas pour la Sécurité civile. Dès vendredi, à la suite du déclenchement des alertes rouges, 350 hommes stationnés à Brignoles (Var) et à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) avaient déjà été envoyés en Aquitaine. Aujourd'hui, au total 3 000 hommes de la Sécurité civile sont au travail dans les différents départements de la zone.

Côté militaire (lire ci-contre), le pic de 1 500 soldats sur le terrain devrait être atteint aujourd'hui et, sauf événement imprévu, il ne devrait pas être dépassé.

Selon EDF, le nombre de salariés qui s'efforcent de rétablir le courant en Aquitaine et en Midi-Pyrénées serait de 4 000. La SNCF cite quant à elle le chiffre de 1 000 cheminots appelés à travailler sur les différentes lignes de la zone touchée.

Employés municipaux aussi

France Télécom fait état de 1 500 techniciens à pied d'oeuvre pour tenter de rétablir au plus vite les communications fixes et mobiles.

Il faut ajouter à ces effectifs les salariés de différentes administrations comme ceux de l'Équipement et les employés municipaux, qui travaillent eux aussi dans des conditions souvent difficiles pour que les habitants de la région puissent retrouver une vie normale dans les meilleurs délais.

Auteur : JaCky Sanudo
j.sanudo@sudouest.com

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