SAINTE-HÉLÈNE. Le massif forestier en souffrance

Publié le par robert

La forêt a beaucoup souffert de la tempête. (photo b. d.)
La forêt a beaucoup souffert de la tempête. (photo b. d.)

Sur les 13 000 hectares de superficie communale, la forêt, d'une surface de 2 500 hectares, avait subi, en 1999, pratiquement 70 % de perte, menaçant ainsi l'équilibre budgétaire. Fin 2008, toutes les parcelles avaient été nettoyées, les pins ressemés, sauf deux lots, en cours de restauration.

Cette fois, si les gros pins ont été en partie épargnés, 10 % sur 560 hectares, les pins de 15 à 45 ans, soit 232 hectares, ont été touchés à 40 %. Les autres parcelles, soit 630 hectares, sont touchées de 5 à 20 %. Aujourd'hui, une opération nettoyage des pistes, organisée par la mairie, la DFCI et l'Acca, va permettre de rendre possible la circulation sur les passes, mais elle sera réservée aux propriétaires et aux ayant droits, ce qui signifie que toute « promenade » en forêt est bien sûr interdite, à cause des risques évidents.

Remise en question

Les pins, sur des terres gorgées d'eau, peuvent tomber au moindre coup de vent. Chez les propriétaires privés, le bilan des dégâts n'est pas encore tout à fait établi, mais il apparaît que les semis d'après l'incendie de 1990 ont souffert ; environ 20 % d'entre eux seraient par terre. Un propriétaire déclarait que les aides, si elles étaient accordées, cette fois, devraient l'être au stère sorti et non à l'hectare, ce qui permettrait d'encourager le nettoyage de la forêt. Ce même propriétaire, découragé, déclarait qu'il laisserait sa propriété s'ensemencer toute seule, et qu'il ferait des coupes rases, après entretien, à quarante ans.

Cette nouvelle tempête remet donc en question le devenir de tout le massif forestier, sachant que le bois ne se vend pas, et que le nettoyage de certaines parcelles, reste improbable, si aucun acheteur ne se manifeste. C'est le cas pour des parcelles qui ont été récemment éclaircies, et dont presque toutes les tiges restantes, ont été abattues par la tempête. Le devenir de ces bois, destinés à la papeterie, est plus que problématique.

À noter également un autre fléau, qui pourrait sévir, les ips, ou scolytes, des larves qui rongent le bois sous l'écorce, et qui tuent les pins. Ces larves s'attaquent d'abord aux pins couchés, puis se transforment en insectes, et vont coloniser la forêt. Ces larves sévissent régulièrement, mais leur activité risque de s'amplifier, à cause des pins tombés, et donc morts, cibles privilégiées de ces insectes ravageurs. Il paraît donc urgent de trouver des solutions, pour la bonne santé des arbres restés debout.

Auteur : Bernard Duporge

Publié dans Ste Hélène

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