Trois jours de grève prévus par les ambulanciers

Publié le par robert

SOCIAL. Le personnel d'USA Ambulances entame un mouvement de grève, ce matin à 8 heures
Il se pourrait que les véhicules d'USA Ambulances soient immobilisés au moins trois jours pour cause de grève. (photo s.)
Il se pourrait que les véhicules d'USA Ambulances soient immobilisés au moins trois jours pour cause de grève. (photo s.)

Depuis, ce matin, 8 heures, le personnel d'USA Ambulances, situé 29 cours du Général-de-Gaulle est en grève. La tension entre la direction et le personnel ne date pas d'hier puisque dès le mois de novembre dernier, le conflit couvait déjà.

« Nous avons été payés le 18 novembre », s'exclame une des revendicatrices qui désire conserver l'anonymat. « Un de nos collègues a fait une lettre à la direction qui n'a pas daigné y répondre. Il demandait à ce que les salaires soient payés plus tôt, dans le mois. »

Des revendications multiples

« Nous sommes tous solidaires. Nous sommes 12 liés contre la direction », appuie la salariée en colère de voir aussi supprimer la prime de non-accident à partir du mois de mars prochain. Et d'indiquer : « Il y a un mois et demi, nous étions 22. Maintenant, nous sommes 14. Il y a eu des démissions pour des départs à la concurrence. Preuve que malgré l'image que le public peut avoir de nous, il y a un véritable malaise au sein de l'entreprise ».

Un autre volet des revendications concerne également le coefficient retenu par la direction pour se mettre en phase avec un avenant signé nationalement sur la législation des transporteurs dont dépendent les ambulanciers et qui porte de 0,75 à 0,8 « au minimum », depuis le 11 janvier dernier, le coefficient modérateur du taux horaire. « Ce qui revient à dire que nous sommes payés 151,67 h par mois et que nous en effectuons 202 », explique un autre membre du personnel tout aussi anonyme que le premier. « Nous exigeons un coefficient de 0,83 et nous refusons la modulation des heures supplémentaires sur 12 semaines », continue-t-il.

L'hypothèse de négociations

Ce dernier dispositif consiste à lisser les heures supplémentaires, non par quatorzaine comme actuellement mais sur 12 semaines. « Ce qui revient à dire que nous serons payés de nos heures supplémentaires, 12 semaines plus tard », reproche notre interlocuteur.

Pour toutes ces revendications, le personnel a adressé un avis de grève d'un minimum de trois jours : « Jusqu'aux négociations. À moins qu'on puisse négocier, dans la journée de lundi », espère un des grévistes. Enfin, la colère du personnel semble avoir atteint son point critique lorsque la direction a refusé une réunion proposée par l'ensemble du personnel à 20 heures, ce mardi pour la déplacer le même jour à 19 heures et seulement avec les deux responsables des sites de Lesparre et de Soulac.

Le point de vue de la direction

Jointe par téléphone, Christine Moutic, cogérante de l'entreprise avec son époux Laurent, répond point par point aux revendications de ses salariés.

« Désormais, les rémunérations sont payées le 10 et même ce mois-ci, elles l'ont été le 6 », répond Christine Moutic. Sur la suppression de la prime de non-accident, Christine Moutic considère que le matériel n'est pas respecté et donc « il y a trois mois, légalement, nous avons averti chaque employé de cette suppression de prime, par lettre individuelle remise en mains propres ».

Sur l'élection des délégués du personnel, la cogérante fait un rappel de la législation qui n'oblige pas les entreprises de moins de 20 salariés à avoir des délégués syndicaux.

Christine Moutic dit aussi respecter l'avenant sur la législation des transporteurs en appliquant depuis sa publication à la fois le coefficient minimum de 0,80 et la modulation des heures supplémentaires.

Et pour conclure, sur la demande de rencontre, la cogérante indique avoir reçu, « samedi, une lettre non signée » et réitère son accord pour recevoir les deux responsables de site.

Auteur : Sylvaine Dubost

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