Le petit frère de Klaus est annoncé pour ce soir

Publié le par robert

TEMPÊTE. Les côtes charentaises et le nord de la façade aquitaine sont en première ligne. Sur le littoral, les risques de dégâts sont accrus du fait d'une très forte marée
Mer forte et vents violents sont attendus sur les côtes. (PHOTO LAURENT THEILLET)
Mer forte et vents violents sont attendus sur les côtes. (PHOTO LAURENT THEILLET)

Fort coup de vent ? Tempête ? Désireux d'avertir sans affoler, les météorologues hésitaient hier encore sur la terminologie. Mais c'est une certitude, les vents vont souffler très fort à partir de ce soir et jusqu'à demain midi sur l'ensemble du littoral atlantique et de la Manche. À l'intérieur des terres, la région Poitou-Charentes sera probablement la plus affectée. Mais le nord de la façade aquitaine (Gironde et Landes) ne sera pas non plus épargné.

« On peut s'attendre à des vents de 120 à 130 km/h sur la côte charentaise et nord-girondine, de 100 à 120 km/h à l'intérieur de Poitou-Charentes et de 100 km/h sur la côte plus au sud. Ailleurs en Aquitaine, on devrait avoir des vents de 70 à 80 km/h, ce qui n'est pas à proprement parler une tempête », détaille Didier Roquecave, le responsable de la communication de Météo France pour le Sud-Ouest.

Ces prévisions dessinent les contours d'une tempête hivernale « classique » dont l'intensité sera inférieure à celle du 24 janvier. Ce matin-là, Klaus avait dévasté la région sur une trajectoire inscrite plus au sud, avec les bourrasques les plus fortes jamais enregistrées : 173 km/h au Cap-Ferret et 162 km/h à Bordeaux, par exemple. Mais autant les prévisions étaient d'une précision horlogère concernant Klaus, autant le phénomène qui cognera ce soir à une heure indéterminée est encore incertain. « Notre problème, c'est que la trajectoire de la dépression n'est pas encore exactement définie. Tous les modèles de prévision étaient convergents pour Klaus, ils sont là légèrement discordants », explique Didier Roquecave.

Laurent Violet, qui donne ses prévisions régionales sur le site Internet Aquitaine Météo, s'attend, pour sa part, à ce que cette nouvelle tempête océanique tape au plus fort « au nord d'une ligne Biscarrosse - Angoulême, avec des vents violents sur la Charente-Maritime, la Vendée et la Loire-Atlantique ».

Deux semaines après Klaus, ce nouveau coup de tabac va d'évidence réveiller des angoisses à peine éteintes. Il risque aussi de mettre à bas des arbres et des toits fragilisés le 24 janvier. Et il provoquait hier déjà un certain émoi dans les préfectures de la région.

Attention à la marée

Cette vigilance - qui passera sans doute à l'orange en cours de journée - - est d'autant plus justifiée que le littoral sera très exposé. Mardi matin, entre 5 heures et 5 h 30, l'Océan atteindra l'étale de pleine mer à la faveur d'un très fort coefficient de marée : 104. C'est un facteur aggravant par rapport à la tempête de 1999 (coefficient 77) et surtout par rapport à Klaus (58). À marée haute, le niveau océanique sera aussi élevé que la houle sera forte. Tout est réuni par ailleurs pour qu'un phénomène de surcote maritime - poussée par le vent, la marée s'établit encore plus haut - aggrave d'éventuelles inondations.

Hier, on évoquait d'ores et déjà une surcote de 60 cm dans l'estuaire de la Gironde. Pour mémoire, cette surcote avait atteint 1,55 m au Verdon et 2,25 m à Bordeaux, le 27 décembre 1999.

Auteur : jean-denis renard

Publié dans La sécurité

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