Le tagueur démasqué

Publié le par robert



Le jeune homme de 22 ans a notamment sévi sur la rocade bordelaise. (PHOTO THIERRY DAVID)
Le jeune homme de 22 ans a notamment sévi sur la rocade bordelaise. (PHOTO THIERRY DAVID)

Depuis plusieurs années, les graffitis se multiplient sur les murs antibruit qui bordent la rocade bordelaise, les piles de pont mais aussi certains bâtiments publics et autres façades de maisons et résidences. Depuis 2007, une signature revient souvent. Il s'agit de celle du tagueur Toys.

Toys sévit sur Bordeaux et la Communauté urbaine (CUB) depuis 2001. Il a aussi donné libre cours à son imagination, le week-end du 14 juillet 2006, boulevard de la plage, à Lège-Cap-Ferret, où six murs de résidences et une façade de commerces avaient été dégradés.

Gendarmes et policiers du département étaient à ses trousses depuis cette époque, mais ils n'arrivaient pas à l'identifier.

Les enquêteurs de la cellule anti-tags de la brigade des violences de la Sûreté viennent d'y parvenir au terme de minutieuses investigations menées en collaboration avec l'unité judiciaire de la CRS Autoroutière Aquitaine.

Toys est un Bordelais de 22 ans, employé chez un peintre en bâtiment. Les policiers l'ont interpellé en début de semaine, sur un chantier, à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques. Il a été placé en garde à vue au commissariat central où il a reconnu sans difficulté être l'auteur d'une centaine de tags.

70 000 euros de préjudice

Sur la RN 230, la rocade bordelaise, il est à l'origine de très nombreux tags de grande envergure qui ont engendré une facture de 70 000 euros. Selon la police, il faisait des repérages pendant la journée avant de passer à l'action, en pleine nuit. En quelques secondes, il laissait sa signature et disparaissait sans laisser de traces.

Lors de son audition, le jeune tagueur a confié qu'il signait Nilo entre 2003 et 2007. Il est membre aujourd'hui du groupe DKZ après avoir appartenu à AB1. Il a expliqué aux enquêteurs que cette passion lui était venue alors qu'il était écolier en classe de CM2.

Compagnon du devoir, il a effectué un tour de France au cours duquel il n'a pu s'empêcher de réaliser quelques tags à Nantes, Marseille ou au skate-park d'Albi, dans le Tarn.

Seize plaintes

Revenu sur Bordeaux, il a sympathisé avec d'autres graffiteurs. Toys s'est ainsi retrouvé à Talence, Gradignan, Lacanau, etc. Face à la recrudescence des dégradations de biens publics, certaines municipalités ont été amenées à investir dans des appareils coûteux pour enlever ces tags.

Les policiers de la brigade des violences ont mené une perquisition à son domicile. Ils ont découvert de multiples bombes de peinture de différentes couleurs.

Pour l'instant, seize plaintes ont été enregistrées et centralisées au sein du service qui invite les victimes qui ne se seraient pas fait connaître à téléphoner au 05 85 77 70 14.

À l'issue de sa garde à vue, le tagueur a été remis en liberté. L'enquête se poursuit afin de recenser la totalité des faits susceptibles de lui être imputés.

Publié dans La sécurité

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