Dans les casinos, depuis le début 2008, la fête est finie

Publié le par robert

TRADITION. Après la période faste, les casinos subissent une baisse de régime
Dominique Desseigne, du groupe Barrière. (photo claude petit)
Dominique Desseigne, du groupe Barrière. (photo claude petit)

Les années 1990 et le début de la décennie 2000 furent un âge d'or pour les casinos en France. Cédant aux sirènes des professionnels, et aux perspectives de recettes fiscales, l'État avait sensiblement desserré les contraintes réglementaires pour le plus grand bonheur de collectivités locales qui, telle la municipalité de Bordeaux, voyaient dans les prélèvements sur recettes un moyen de limiter la hausse des impôts.

Toute considération morale à part, ce fut une période faste où des établissements se créaient, où les parcs de machines à sous enflaient, et où, des vedettes du rugby aux fonds financiers, divers types d'investisseurs se taillèrent une part d'un gâteau sans cesse croissant.

Aujourd'hui, dans ce que le milieu professionnel appelle les « casinos en dur », par opposition aux jeux en ligne, la fête semble interrompue. Sous l'effet de l'entrée en vigueur de la loi antitabac et de la concurrence d'Internet, la fréquentation des établissements et le volume des mises ont sensiblement chuté depuis le début 2008.

Horaires resserrés

Et cette tendance semble s'être accentuée avec la crise : ainsi le produit brut des jeux du groupe Barrière, numéro un français du secteur (établi notamment à La Rochelle, Bordeaux, Biarritz...), a-t-il encore baissé de 7 % le mois dernier par rapport à février 2008.

Selon Laurent Lassiaz, patron opérationnel du numéro trois français Joagroupe, qui rassemble une vingtaine d'établissements, la dégringolade est particulièrement sensible dans le Midi. Mais la baisse, bien que moins forte, se manifeste aussi dans les établissements aquitains du groupe, comme Saint-Paul-lès-Dax et surtout Saint-Jean-de-Luz.

Le petit groupe Cogit, qui a son centre nerveux en Martinique, mais qui contrôle les casinos de Lacanau, Biscarrosse et Mimizan, l'observe également : l'un de ces trois établissements est déficitaire, l'autre à peine équilibré, et le troisième tout juste bénéficiaire. À Lacanau, par exemple, 8 emplois sur 46 ont été supprimés, et les horaires d'ouverture resserrés.

Un peu partout, l'heure est à la réduction des coûts. « On ne renouvelle pas certains contrats temporaires », explique Dominique Desseigne, patron du groupe Barrière. « Et on coupe les investissements. »

Le parti Internet

Maurice Schulman, directeur de la communication du groupe Partouche, affirme pour sa part que cette grosse entreprise familiale ne s'est pas à ce jour résolue à tailler dans ses effectifs. Mais la situation du numéro deux français, qui possède notamment les établissements d'Arcachon, Andernos et Salies-de-Béarn, est préoccupante. Partouche a perdu 8 millions l'an dernier, et doit renégocier avec ses banques la prolongation de son énorme dette.

Dans ce contexte, les principaux acteurs français misent sur le Net. Patrick Partouche a déjà créé son site il y a plusieurs années, à Gibraltar. Barrière a mis sur pied, en Angleterre, le site lecroupier.com, gratuit dans un premier temps, et sans doute appelé à devenir payant.

Mais si les groupes français vont à leur tour chercher fortune sur le Net, il n'y a peut-être que plus de soucis à se faire sur l'emploi dans ces casinos en dur.

Auteur : BERNARD broustet
b.broustet@sudouest.com

Publié dans L'océan

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article