L'ancien officier a repris du service

Publié le par robert

HOURTIN. Christophe Birot a fermé l'ex-centre de formation de la marine
en 2000. Retraité, élu maire en 2008, il va accompagner la réouverture du site

Comme un symbole. Christophe Birot, l'officier qui a fermé les grilles du centre de formation de la marine d'Hourtin (CFM) en 2000, cette immense base posée au bord du lac médocain, a été élu maire de la commune en mars 2008. Et si tout se déroule comme prévu, avec son écharpe tricolore, cette fois, il aura sans doute l'occasion de voir les portes de l'ex-CFM s'ouvrir à nouveau. Pour accompagner la dernière étape du projet de reconversion du site, la population d'Hourtin a donc choisi une personnalité locale dont le parcours de vie se confond avec l'histoire de la base.


 

 

« Je suis l'aîné d'une famille de six enfants. Financièrement, ce n'était pas toujours évident pour mes parents. Après mon bac, je me suis donc engagé dans la marine, un peu comme on rentre à l'usine ». Et c'est au CFM, pas très loin du domicile familial, que le jeune hourtinais est incorporé. Dans les années 70, le centre fonctionne à plein régime. Il a un impact très direct sur la vie du village.

Après trois années passées sur place, le marin part se former. Il gravit les échelons, et devient officier. Une vie de voyages et d'aventures autour du monde commence. Du Liban au détroit d'Ormuz, où sur une frégate, il surveille la route maritime des pétroliers, sans oublier quelques mois sur le porte-avions Foch, il finira par atterrir à Tahiti avec son épouse et ses trois enfants. Une douce période dont il garde un souvenir ému. Le retour en métropole, pour son dernier poste, se fera en Bretagne. Entre-temps, celui qui occupe la fonction de commissaire, est appelé par sa hiérarchie pour « désarmer » le CFM. Entre 1999 et 2000, la mission va durer dix mois. Méthodiquement, l'officier va fermer avec soin les nombreux bâtiments existants. Et laisser des équipements dans un parfait état de fonctionnement. Au fil du temps, ils seront gagnés par l'abandon, pour devenir un quartier fantôme.

« C'est vrai. J'ai imposé à ma famille de revenir ici. C'était viscéral. J'ai toujours aimé mon village. C'était l'endroit où je venais me ressourcer. Après avoir déménagé aussi souvent que nous l'avons fait, j'éprouvais le besoin de revenir, de me fixer ».

La pêche, la chasse, le sport. L'ex-officier se retrouve dans son élément. Mais rapidement, le manque d'action et la petite musique des élections municipales annoncées vont se combiner.

Christophe Birot raconte aujourd'hui qu'il avait tendu la main à Jean-Jacques Clavet, le maire sortant. « J'étais prêt à partir avec lui. J'avais passé le message. Mais il n'est pas venu me chercher. S'il avait fait un pas, il serait sans doute encore dans son fauteuil ». Au final, c'est un plébiscite dès le premier tour. Et une claque pour son prédécesseur.

« Au moment des résultats, je me souviens d'une très forte émotion. Les gens qui scandent mon prénom. Et ce même jour, les 18 ans de mon fils ». « On ne peut pas tricher avec cette fonction. Il y a un tel volume de travail ». Christophe Birot reconnaît qu'il vient de passer une année en immersion dans les dossiers. Et paradoxalement, ce n'est pas la reconversion du site l'ex-CFM d'Hourtin qui l'inquiète le plus. Sur le projet annoncé, un espace résidentiel avec son port de plaisance, s'il se dit « optimiste, mais réservé », il constate simplement que la commune n'est plus chez elle. Et espère que la crise ne retardera pas le calendrier des opérations.

Le sujet de préoccupation du nouveau maire, c'est d'abord son budget. Lequel, entre le fort niveau d'endettement de la commune et la diminution de la dotation de l'Etat, ne laisse pas de grande marge de manoeuvre.

Pourtant, les chantiers à réaliser sont nombreux. L'édile a donc été contraint de fixer des priorités. La première vise à désendetter la collectivité. Durant le mandat, il projette aussi de faciliter la mise en place d'une maison médicale, de développer la zone d'activité économique sur laquelle un gros projet pourrait s'installer, de poursuivre les travaux de volerie. Et aussi trouver une nouvelle destination à ce qui va devenir les anciens bâtiments du collège.

Bref, les taches ne manquent pas pour l'ancien officier de la marine. Et qui s'est fixé comme ligne de conduite de ne surtout pas gérer sa commune en autocrate. Autour de lui, l'équipe fait bloc. La tempête Klaus a même permis de vérifier que dans le gros temps, le navire tenait la route.

Mais le mandat ne fait que commencer. Christophe Birot le sait bien. Hier soir, en conseil municipal, il a été confronté à une première décision compliquée; Une augmentation de la fiscalité locale de plus de 9 %. Au bout d'une année, le maire résume son sentiment sur la fonction.

« Le plus difficile, c'est d'être conscient des difficultés de mes concitoyens, et de ne pas avoir les moyens de répondre à toutes leurs attentes ».

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

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