Lacanau cherche une solution anti-érosion à Veere

Publié le par robert

LITTORAL. Hier, le maire de Lacanau était aux Pays-Bas. L'élu espère y trouver des idées pour contrer le recul du trait de côte

À marée haute, la portion de plage de Lacanau se réduit. (photo J .L.)
À marée haute, la portion de plage de Lacanau se réduit. (photo J .L.)

Hier, Jean-Michel David, le maire de Lacanau, était aux Pays-Bas. Une visite à Veere (1), où selon lui « la répétition des épis (2) sur la plage a permis de sauver le front de mer et l'arrière pays » de cette petite ville de moins de 2 000 habitants. Vendredi soir, en conseil de CdC des Lacs Médocains (Carcans, Hourtin, Lacanau), l'édile a confirmé ce voyage. Une sortie pour « ramener de l'information », et vérifier du même coup si « d'autres épis sur les plages de Lacanau» comme chez les Hollandais, ne permettraient pas de lutter plus efficacement contre les assauts de l'océan.

Vue de l'intercommunalité

Lors de ce conseil de CdC, le président Henri Sabarot a aussi voulu faire part de son inquiétude sur la situation de la plage centrale canaulaise. Un petit tour à vélo lui a permis de vérifier « qu'il n'y a plus de plage à marée haute » chez son voisin, et « qu'il y a urgence à trouver des solutions pérennes ». L'occasion pour le président d'évoquer une récente réunion du GIP littoral (groupement d'intérêt public), où « les élus ne roupillent plus »... Puis de donner échos à l'analyse d'un intervenant du GIP, Jean Favennec, chargé de mission littoral à l'ONF. En résumé, l'érosion marine sur la côte sableuse est bien « un phénomène inexorable », et « la stratégie des épis est néfaste ».

Rapporté par Henri Sabarot, ce constat de Jean Favennec, qui n'est plus vraiment un secret pour ceux qui fréquentent les s plages de la Gironde, a plutôt irrité le maire de Lacanau. À vif sur cette question, Jean-Michel David, qui voit arriver les prochaines saisons estivales avec inquiétude, tente maintenant de trouver une parade sur le court terme. Ce qui ne l'empêche pas d'être conscient de la problématique de fond (notre édition du 28 mars et notre encadré).

Du concret cet été

En plein été, comment gérer la sécurité de la plage centrale de Lacanau qui reçoit des milliers de vacanciers ? Si le sujet n'a pas été précisément évoqué vendredi dernier, il est bien présent dans l'esprit des élus concernés. À marée haute, alors que la houle vient cogner l'enrochement positionné le long du cordon dunaire, la situation commence à poser de sérieux problèmes.

Ces dernières saisons, le chef de plage et les MNS installés au centre, ont pris l'initiative de décaler une deuxième baignade surveillée plus au nord. Les zones sud (en face de la promenade Emile-Lacaze) et centre étant condamnées à marée haute.

S'il n'est question que de surveillance des bains, le sujet a un vrai impact sur l'accueil du public. En clair, sur le tourisme et ce qui représente la vitrine de la station balnéaire. Pour le coup, c'est du court terme. Et cela implique une stratégie.

(1) Veere : la commune de Veere se trouve au nord-est de Middelbourg, sur le canal de Walcheren et le Veerse Mer. (2) Épis : ce sont des digues où des ouvrages transversaux font face à l'océan pour fixer et retenir le sable.

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans L'océan

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VIVE LA FORET 07/04/2009 19:17

Avant d’évoquer le problème du retrait du trait de côte sur le littoral médocain, il est souhaitable de citer schématiquement quelques principes généraux qui, d’après les spécialistes, régissent les phénomènes d’érosion littorale et de rappeler la spécificité de notre littoral du médoc, en se référant aux travaux effectués par l’équipe du Pr Tastet (Université Bordeaux I) et aux écrits de M. Roland Paskoff, spécialiste de géographie physique.
Si l’érosion est bien évidemment un phénomène naturel, « la déstabilisation de beaucoup de rivages du monde s’explique avant tout par des aménagements qui ont introduit des facteurs de déséquilibre, responsables d’une érosion susceptible de conduire à leur anéantissement. Il convient donc de s’interroger sur la pertinence des mesures prises ou à prendre pour essayer de les sauvegarder.../... Les arguments ne manquent pas pour dresser un sévère réquisitoire contre les murs de protection et les cordons d’enrochements.../... la construction d’un épi appelle inexorablement la construction d’un autre épi.../... un défaut congénital des ouvrages de défense est d’introduire des éléments statiques dans un espace hautement dynamique../... en perturbant les échanges sédimentaires, complexes et irréguliers, qui sont nécessaires à l’équilibre dynamique des côtes, et tout particulièrement des plages, les ouvrages de défense représentent des facteurs de déstabilisation ou d’aggravation de la déstabilisation »(R. Paskoff in « côtes en danger »)