La défense de la chasse à la tourterelle perd ses troupes

Publié le par robert


CHASSE. Les représentants de CPNT ont tenté de mobiliser des chasseurs désabusés
Jean-Francis Séguy, CPNT : « Aux tables rondes de la chasse, la tourterelle a été oubliée ». (photo J.L.)
Jean-Francis Séguy, CPNT : « Aux tables rondes de la chasse, la tourterelle a été oubliée ». (photo J.L.)

Une tribune pour les candidats CPNT qui débutent la campagne des Européennes, un casse-croûte convivial avec les journalistes et les gendarmes, et une simulation de tir sur un pylône situé sur la passe de Cantelaude, commune de Valeyrac. Hier, à Port de Goulée, c'est le bilan de la mobilisation des chasseurs venus défendre la chasse à la tourterelle.

Le combat d'avant

Force est de constater que le combat s'étiole. Par le passé, la manifestation avait une tout autre envergure. Les forces de l'ordre et les médias se déplaçaient en masse pour encadrer l'échange de « claques » entre Allain Bougrain- Dubourg, le patron de la Ligue de protection pour les oiseaux, et les chasseurs venus par centaines. Ce temps est bien révolu. Depuis trois ans, Allain Bougrain-Dubourg ne fait plus le voyage en Médoc. L'année dernière, par un simple communiqué, la LPO avait résumé la situation en affirmant que « le combat était gagné », et « qu'elle préférait se concentrer sur d'autres endroits ».

Une directive contestée

Hier, Eddie Puyjalon, tête de liste CPNT aux Européennes, et Jean-Françis Seguy, le représentant local du parti, ont voulu rappeler qu'une fenêtre de tir existait pour la chasse à la tourterelle. C'est une dérogation à la fameuse directive européenne (CEE/409) relative à la protection des oiseaux sauvages.

Devant une cinquantaine de chasseurs, les deux politiques ont expliqué qu'ils n'abandonneraient pas ce combat considéré comme « juste », et qui ne correspond qu'au simple retour d'une tradition locale.

Devant la presse, les deux représentants de CPNT ont regretté le manque de soutien de la fédération des chasseurs, puis des élus qui participaient davantage à la mobilisation. Enfin, selon eux, « la répression disproportionnée » engagée par l'État aurait contribué à démobiliser nombre de chasseurs, soucieux de ne pas se retrouver devant le tribunal et de ne pas perdre leurs fusils.

La tolérance du passé

Le témoignage d'un chasseur, arrêté par les gardes il y a 5 ans, évoque la tolérance du passé. « On ne chassait que du 1er au 23 mai, entre 7 heures et 13 heures. Lorsque les gendarmes passaient devant les pylônes, on baissait les fusils. Il avait été recensé que l'on ne prélevait pas plus de 3 % du passage. Les chasseurs venaient de Bordeaux, louaient des pylônes, remplissaient les hôtels de Soulac. Il y avait un impact sur l'économie locale. Tout s'est arrêté quand Bougrain-Dubourg est venu mettre la pression. On ne peut pas dire que la fédération et CPNT ont été d'un grand secours. Le seul qui s'est fait entendre, c'est Georges Riboulet avec son comité tourterelle. Mais la justice s'est chargée de le museler ».

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

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