CARCANS. 100 ans de rêves

Publié le par robert


Gisèle Gasnier devant la gare de Carcans. (PHOTO P. V. )
Gisèle Gasnier devant la gare de Carcans. (PHOTO P. V. )

Gisèle Gasnier, ancien professeur au collège Chambrelent d'Hourtin, passionnée de l'histoire régionale nous conte la venue du chemin de fer en Médoc. Pour elle, « la création de la Société générale des chemins de fer économiques a été le fait déterminant pour l'extension de la forêt plantée en Médoc. A cette époque précise t-elle, le massif de pins maritimes n'était accessible que par une route située à plus de 10 kilomètres et on ne pouvait s'y rendre que par des chemins muletiers très peu carrossables ».

C'est alors, d'après notre conteuse, « que pour favoriser le transport des bois et par souci d'économie, le Conseil général de la Gironde préféra en 1871, la construction d'une ligne de chemin de fer, à un aménagement routier ».

Un bail de 99 ans

Cependant, ce n'est qu'en 1881, que la Société générale des chemins de fer économiques accepta de signer avec l'autorité départementale, une concession de 99 ans, comprenant, pour le réseau des Landes : une ligne de ceinture des Landes allant de Lestage à Saint-Symphorien, via Facture ; une ligne nord de Lacanau à Bruges ; enfin, une ligne sud, de Hosteins à Beautiran.

C'est Arès, autrefois village d'Andernos, qui fut choisi tête de ligne. Donc de 1882 à 1884, la voie de Facture à Arès fut créée pour le transport des hommes, des matériaux et du matériel. Puis parallèlement, de juin 1882 à janvier 1884 celle de Facture à Saint-Symphorien.

En janvier 1883, la ligne est déjà à Arès et sa gare s'achève au printemps de la même année. Elle est classée station de première classe, possède un atelier de réparation de voitures, un dépôt de deux machines et un dépôt de charbon.

Durant l'été, la ligne relie Lacanau. La station de Lacanau-ville est une des plus importantes du réseau. Répertoriée hors classe, elle comprend : un dépôt de quatre machines, un atelier de réparations, plusieurs voies et un bâtiment à voyageurs.

De ce lieu pour atteindre Lesparre, les travaux furent très longs, car il faut vaincre, l'Eyron, les marais ; au Moutchic, point le plus haut de la ligne, la pente du terrain ralentit les efforts des hommes ; l'hiver 1884 fût très froid, les ruisseaux de la lande du Médoc étaient pleins d'eau et les courants forts ; les crastes de Saint-Hélène de l'étang, de Piqueyrous et la Berle de Lupian nécessitèrent des ponts métalliques pour leur franchissement.

Bref, ce n'est finalement qu'en 1886, que le réseau des chemins de fer économiques est achevé, il ne manque plus que le court tronçon de 12 km devant unir Lacanau-ville à Lacanau-Océan dont MM. Faugère et Ortal sont les administrateurs.

Enfin, en 1905 avec la mise en service des 323 kms de voie, on entre dans l'aire des petits chemins de fer économiques. Quant à la gare de Carcans, elle est inaugurée le 19 octobre 1884.

La vie de la ligne

Après un début difficile jusqu'en 1913, l'arrivée de la guerre 1914-1918 permit à la ligne de connaître un essor remarquable jusqu'en 1934.

En 1931, le premier autorail est mis en service pour les voyageurs. Le transport des Allemands et de leur matériel vers les côtes, accrut considérablement le trafic durant la Seconde Guerre mondiale. Mais, dès 1945, les machines à vapeur sont remplacées par des locos-diesel de type américain ; petit à petit le transport des voyageurs disparaît, puis, à partir de 1971, le trafic de bois diminue au profit de la route et s'arrête complètement en 1978. L'épopée aura durée 100 ans.

Une exposition permanente, visible à la Maison des arts et traditions populaires de Carcans, retrace la vie du chemin de fer en Médoc.

Auteur : Pierre Vallade

Publié dans le patrimoine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

durbain 27/06/2017 16:53

Monsieur Vallade, votre article ancien sur les chemins de fer Economiques, comporte des inexactitudes.
En effet, la ligne de ceinture de la ligne départementale fut embranchée à Lesparre (sur la ligne de la Compagnie du Médoc) et non à Lestage ! Arès comprise sur le projet de ceinture de Lesparre à St-Symphorien n’a jamais été tête de ligne mais une simple gare comme Facture ou Le Porge. Cependant elle fut gare de de correspondance de la ligne pour les trains venant de Lesparre ou de Facture, voire de St-Symphorien. Arès n’a jamais possédé d’atelier (comme à St-Symphorien, ou Lacanau) et la voie Arès-Facture a transporté comme les autres les bois, produits résineux et voyageurs (pour les foires et marchés, courses hippiques à Facture, fêtes de la Rosière, excursion à Arcachon etc.), les dépôts de charbon sont, enfin, présents dans tout les gares. Les ponts au dessus des crastes étaient modestes et vous ne parlez pas de celui du Moutchic au dessus de canal des étangs...Ortal a créé la voie entre Lacanau et Lacanau-O afin de promouvoir Lacanau-Océan, puis Faugère fut le président de la SIL exploitant la ligne de 12 km vers l’océan. Les têtes de ligne furent Bordeaux-Saint-Louis (Cie du Médoc), Lesparre (Cie du Midi), Facture (Midi), Nizan (Cie Midi), Luxey et Beautiran (Cie midi), points de raccordement avec les autres réseaux.
Le premier autorail (Renault) acheté au réseau de l’État arrive en 1931 et le premier de Dion-Bouton en 1934. Je vous prierai de faire parvenir ce correctif à Mme Gasnier, les archives de la Gironde possèdent dans la série SP tout l’historique des CFE. Cordialement. Patrice Durbain.