L'Europe selon Shanti Jacqueline Thiru

Publié le par robert

ASSOCIATION. Dans une presqu'île baignée par les échanges avec l'Europe, la présidente de Lacanau Europe revient sur son engagement
Shanti Jacqueline Tiru, la présidente de Lacanau Europe. (photo DR)
Shanti Jacqueline Tiru, la présidente de Lacanau Europe. (photo DR)

Une association qui vous parle d'Europe dans le Médoc. C'est à Lacanau, où passent tous les ans des milliers de touristes venus des nombreux pays voisins, qu'un tel mouvement a été lancé. Et l'initiative ne revient pas à une personnalité locale, mais à une Canaulaise d'adoption. Shanti Jacqueline Thiru, universitaire, titulaire d'un DESS de chef de projets Européens à l'université Cergy-Pontoise, s'est éprise de la presqu'île il y a peu. En 2005, tout en poursuivant sa vie professionnelle en région parisienne, elle décide d'élire domicile dans la station balnéaire. Au bout de quelques mois, elle fait un premier constat qui ne la laisse pas insensible : « La commune n'est pas jumelée ! ». Son premier cheval de bataille est tout trouvé. Elle donne naissance à Lacanau Europe.

Davantage communiquer

Pour Shanti, l'Europe n'est pas suffisament communiquée, expliquée. Pour preuve, selon elle, il existe des dispositifs qui pourraient être activés par les communes, « mais qui ne le sont pas par méconnaissance ». L'universitaire donne l'exemple d'un programme européen de formation. « Les écoles primaires peuvent bénéficier d'un(e) assistant(e) de langue. L'étudiant étranger, qui se prépare à devenir professeur, vient perfectionner son français. Il reste le temps d'une année scolaire. Les collectivités sont peu nombreuses à savoir que leurs établissements peuvent en bénéficier ».

Shanti Jacqueline Thiru, présidente de l'association Lacanau Europe, a beaucoup d'autres exemples en tête. Sans pour autant idéaliser le fonctionnement de l'Union, elle défend l'idée que « l'Europe ne doit pas être boudée, alors que le président Obama inspire un nouvel espoir aux Américains et que les pays émergents manifestent un nouveau développement économique ».

À l'échelon local, « sur le sol médocain », elle compte jouer l'interface dans des domaines qui lui semblent importants. « Dans le cadre de l'éducation, de la jeunesse, du développement économique, de l'environnement, de la citoyenneté, de la culture et du jumelage, je souhaite que l'association Lacanau Europe permette aux différents partenaires associatifs et institutionnels de mieux connaître les différents programmes et actions européennes ».

Un engagement personnel

Shanti Jacqueline Thiru se défend d'appartenir à un parti politique. Pour expliquer son attachement à l'Europe et son militantisme, elle évoque son parcours personnel.

D'origine Indienne, elle est née en Malaisie, où elle reste jusqu'à l'âge de 12 ans. Une guerre ethnique oblige sa famille à rejoindre l'Inde. À Madras, Shanti suit un cycle universitaire. Elle se passionne pour l'histoire de l'Union européenne. En 1989, dans la nuit du 9 au 10 novembre, elle assiste à la chute du mur de Berlin. Sur place, avec d'autres étudiants, elle se souvient d'un moment d'immense espoir et de partage avec les manifestants. Sa ferveur pour l'Europe est devenue encore plus forte ce jour historique. Elle avoue un « déclic », qui est toujours son moteur.

Lacanau Europe, qui aujourd'hui ne rassemble qu'une soixantaine d'adhérents, appelle au débat, à l'échange. Dans un territoire largement animé par l'activité touristique, le commerce du vin et du bois, Shanti Jacqueline Thiru a pour ambition de séduire davantage le public. Au détour d'une conversation, pour convaincre son interlocuteur, elle cite Jean Monnet, sa phrase préférée : « Nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes ».

Auteur : Julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans la politique

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