L'avant-saison mérite mieux

Publié le par robert

LITTORAL. Avec le beau temps, les stations balnéaires ont retrouvé un bon niveau de fréquentation. Pour autant, les communes peinent à s'organiser à l'heure de l'avant-saison
L'accès à la plage nord de Lacanau, très fréquentée par le public, pas tout à fait à la hauteur du Pavillon bleu. (photo J. L.)

Le soleil retrouvé avec des températures généreuses ! Il n'en fallait pas plus pour motiver le grand public à retrouver le chemin des plages. Tout au long de ce week-end de Pentecôte, le littoral girondin a été pris d'assaut. Et malgré une baignade encore fraîche, les nageurs ont été nombreux à se jeter dans les vagues.

Du côté des commerçants, bars et restaurants ont pu tester leurs équipes. Les soirées de samedi et de dimanche ont été à la hauteur de belles journées de haute saison. Dimanche, certains restaurants « branchés » avouent avoir refusé jusqu'à cent couverts !

La surveillance des plages

Dans ce tableau plutôt rassurant, avec une fréquentation des stations balnéaires au rendez-vous, quelques ombres subsistent pourtant dans l'accueil du public. Alors que la saison des plages débute bien avant le mois de juillet, les communes littorales peinent à s'activer pour accueillir dans les meilleures conditions les visiteurs de l'avant-saison. Tour d'horizon. Des plages bondées, mais pas de sauveteurs pour porter assistance. À Lacanau, lors du week-end de l'Ascension, deux touristes venus de Malte avaient échappé de peu à la noyade. Entraînés par un courant de baïne, ils étaient finalement parvenus à rejoindre le rivage. Pompiers et gendarmes, alertés par des témoins, avaient récupéré les victimes en état de choc.

Hier, au Porge, un jeune homme de 17 ans a eu la vie sauve grâce à l'intervention d'un surfeur (lire ci-contre). Dans ce dossier, les maires des communes littorales accusent le désengagement de l'état, qui organise le retrait progressif des MNS-CRS. Dans le milieu des sauveteurs, le sujet fait débat. Des secouristes expérimentés assurent que les MNS civils sont tout aussi capables que les policiers de tenir les postes de surveillance durant cette période.

Sur les plages naturistes du Porge et de Vendays-Montalivet, qui accueillent jusqu'à 10 000 personnes en plein été, la démonstration est faite. Un MNS regrette que « dans le bras de fer qui oppose les communes au ministère de l'Intérieur, c'est finalement le grand public qui est pris en otage ». Autre démonstration d'un certain malaise. Ce week-end, la plage du Moutchic de l'étang de Lacanau était surveillée par un dispositif activé au dernier moment. Un peu plus loin, à l'océan, la plage centrale bondée était « aux risques et périls » des baigneurs.

Peu d'aménagements

Pas de douches ouvertes à la remontée des plages, les accès ne sont pas encore installés, et les toilettes sont fermés... Les commerçants ne se privent pas de faire remonter un certain agacement.

À Carcans-Maubuisson, commune dirigée par le maire Henri Sabarot, l'un d'eux évoque l'augmentation brutale de 33 % pour les terrasses couvertes. « Un courrier, venant de la mairie, nous explique qu'avec la baisse de la TVA, on devrait y arriver. Sauf qu'à Maubuisson, rien n'est fait depuis des années ! »

Dans les mairies, c'est le « coût » de la saison qui est évoqué. Les élus de petites communes, qui reçoivent des milliers de visiteurs l'été, font remonter qu'une aide plus importante des autres collectivités et de l'État, ne serait pas de trop. Passer de 5 000 à plus de 50 000 résidents n'est pas sans conséquence sur le budget d'un village.

Auteur : julien Lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans L'océan

Commenter cet article