« Pour bouger les politiques, il fallait mettre la pression »

Publié le par robert

CHASSE. Gabriel Henocq n'est plus le président des sauvaginiers du Médoc. Retour sur son action


Gabriel Henocq : « Nous sommes satisfaits à 70 %. Il y a encore du travail pour nos dates ». (ph. J. L.)
Gabriel Henocq : « Nous sommes satisfaits à 70 %. Il y a encore du travail pour nos dates ». (ph. J. L.)

Depuis le 29 mai, date de la dernière assemblée générale de l'Aselmm 33, Gabriel Henocq n'est plus le patron des chasseurs aux gibiers d'eau du Médoc. Retour sur ses sept années de présidence.

« Sud Ouest ».

Vous avez décidé de ne pas vous représenter à la présidence de l'Aselmm 33. Pourquoi ?

Gabriel Henocq. J'avais besoin de faire un break et de pouvoir consacrer un peu plus de temps à ma famille. J'ai aussi des projets, mais que je ne souhaite pas divulguer à court terme. À l'Aselmm 33, l'équipe connaît bien les dossiers. Le contexte cynégétique est plutôt favorable. Pour autant, je n'abandonne pas l'association. Je reste chargé du volet communication.

En 2002, qu'est-ce qui a motivé la création de cette association ?

À l'époque, notre chasse n'était pas suffisamment représentée sur le plan national. Nous avions des revendications à défendre.

Quel bilan faites-vous de votre présidence ?

La principale revendication de notre association, c'est la défense de nos dates de chasse. Avec le soutien de la fédération, nous avons obtenu que nos dates soient calées sur celles du domaine public maritime. Sur nos lacs, nos étangs et nos marais, on peut aujourd'hui chasser le canard jusqu'au 10 février. Cependant, il reste du travail pour obtenir une prolongation des dates sur les oies. Sur le fond, cette association a permis aux sauvaginiers de se faire entendre sur le plan national. Et d'attirer l'attention des politiques. L'Aselmm 33 est à l'origine de l'Entente nationale des chasseurs d'oiseaux d'eau unifiés en révolte. Nous avons aussi obtenu qu'un représentant médocain siège à l'Association nationale des chasseurs de gibier d'eau.

À l'inverse de la fédération départementale, qui est plus dans une démarche scientifique, votre association a souvent adopté la stratégie de l'affrontement, de l'action coup de poing.

Pour quel résultat ?

Pour sensibiliser les politiques à nos revendications, il fallait mettre la pression. À la fin, à force d'interpeller les uns et les autres, nous avons obtenu que les études sur les espèces chassables soient réalisées. Mais je ne cache pas que ce temps passé à manifester, nous aurions préféré le passer à communiquer sur notre passion.

Lors de l'assemblée générale, vous avez dénoncé le massacre des oies aux Pays-Bas.

Que se passe-t-il exactement ?

Les oies investissent les cultures et font des ravages sur les exploitations. Du coup, pendant la période de reproduction, il y a une action de chasse importante. Les nids sont repérés et gazés. Nous sommes allés sur place dénoncer la situation.

Henri Sabarot, le président de la Fédération de chasse de la Gironde, vient d'être nommé président de l'ONCFS.

Une réaction ?

Je préfère le voir à ce poste. Il peut apporter un sérieux soutien à nos revendications, et engager ces études qui reconnaissent la justesse de nos dates. Il a aussi obtenu le grand poste qu'il voulait.

Auteur : propos recueillis par julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans la chasse

Commenter cet article