Après la tempête, le bois se conserve par arrosage

Publié le par robert

SAINTE-HÉLÈNE. Médoc Pin, la scierie d'Alain Seguin, aménage un site de stockage de bois par arrosage sur 5,5 ha. Le dispositif permet de sauver du bois couché par la tempête
Dès le mois d'avril, sur un terrain de 5,5 hectares, la scierie Médoc Pin a commencé à installer sa zone de stockage. (photo J.L.)
Dès le mois d'avril, sur un terrain de 5,5 hectares, la scierie Médoc Pin a commencé à installer sa zone de stockage. (photo J.L.)

Malgré les effets dévastateurs de Klaus sur la forêt et la crainte d'un nouvel « accident » climatique, la filière bois n'a pas vraiment le choix. Il faut panser les plaies, puis reconstruire. Dans le triangle Sainte-Hélène, Le Porge, Saumos, Le Temple, un secteur où le vent a tapé fort en janvier 2010, les bois couchés s'empilent le long des routes. Les stigmates sont encore là.

Après la tempête de décembre 1999, la demande d'un marché espagnol dynamique avait permis d'évacuer la matière première. Cette fois, la crise économique change la donne. En attendant la reprise, la filière doit s'organiser pour tenir le choc. Avec les aides de l'État et des collectivités, une solution consiste à conserver les bois sur zone, et à les écouler progressivement. Ainsi, la chaîne d'activité sylvicole dans son ensemble peut être préservée.

Sur la RD 5, entre Sainte-Hélène et Saumos, la scierie d'Alain Seguin, Médoc Pin, une solide entreprise créée en 1975, vient d'installer un site de stockage de bois par arrosage. Il est aménagé pour accueillir 100 000 tonnes de bois.

Une logistique importante

C'est un « chantier » qui ne passe pas inaperçu. Le site aurait même un petit quelque chose d'exotique. Le long de la route départementale, entourée de la dense forêt, un système d'arrosage permanent, comme une pluie, asperge les billots de bois stockés. Creusée dans le sable, c'est une réserve d'eau naturelle qui alimente le circuit.

Sur le terrain à découvert, les rigoles traversent la zone de stockage de bois « transpirante ». Elles renvoient l'eau vers le bassin principal, où les pompes alimentent des gicleurs. « On trouve l'eau à une profondeur de 30 cm. En 2003, en pleine canicule, il y en avait à moins de 3 mètres ».

Pour compenser le phénomène d'évaporation, Alain Seguin explique qu'il compte aussi sur un forage. Car l'eau ne doit jamais manquer.

Du bois pour cinq ans

Au Canada, le procédé est bien connu. Les bois sont stockés sur les lacs. Le maintien constant du bois en eau a pour effet de bloquer tous les agents prédateurs. Soit les champignons, le bleuissement, l'attaque des insectes, etc.

Si le chef d'entreprise sait que « tous les bois ne vont pas ressortir clair », il s'assure, malgré un peu de perte, un approvisionnement régulier pour les cinq années à venir. Le bois est destiné à de la menuiserie et de l'emballage industriel. Le schéma doit permettre à la scierie de consommer son bois stocké, mais aussi du bois « frais » provenant des coupes des sylviculteurs.

Volume et baisse des prix

Après une chute de l'activité en juin 2008, conséquence de la crise économique, la scierie Médoc Pin retrouve aujourd'hui une activité plus soutenue. « Depuis mars 2009, il y a une reprise en volume. En baissant nos prix d'environ 25 à 30 %, nous avons travaillé sur la reconquête du marché national. On peut dire que l'activité se maintient un peu artificiellement. Le temps que les circuits financiers mondiaux soient assainis, et que la croissance revienne » espère Alain Seguin.

Dans ce vaste chantier, après avoir déboursé 600 000 euros pour mettre en place la zone d'arrosage, la scierie va bénéficier des aides de l'État, subventions à l'investissement et prêts bonifiés avec la participation du Conseil régional et du Conseil général.

Sans ce soutien, qui avait déjà permis à la filière bois de remonter la pente après la tempête de 1999, Alain Seguin n'aurait pas pu poursuivre l'aventure. Mais aujourd'hui, ce qui l'inquiète davantage, c'est le rythme de ces tempêtes. La crainte d'un nouvel ouragan hante toute la profession.

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Publié dans Ste Hélène

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