L'érosion fait débat

Publié le par robert

LACANAU. Hier, s'est tenu un forum sur l'érosion côtière. Le but affiché : informer la population et alerter les pouvoirs publics

Construite sur l'avant-dune, la station subit l'érosion de sa façade littorale de plein fouet. (photo alexandre sioc'han de kersabiec)
Construite sur l'avant-dune, la station subit l'érosion de sa façade littorale de plein fouet. (photo alexandre sioc'han de kersabiec)

Une salle comble pour écouter un diagnostic sur l'érosion qui touche Lacanau-Océan, mais aussi l'ensemble du littoral aquitain. Hier, à Lacanau, le forum « Trait de côte », initié par la ville, a rempli sa mission. Soit une communication de qualité pour sensibiliser la population locale mais surtout les pouvoirs publics.

Le message est clair. Seule, la commune ne peut faire face à l'érosion qui touche sa façade littorale. Il est urgent de s'occuper d'un dossier qui pose de nombreux problèmes. Au point que la collectivité a fait inscrire sur un document d'aménagement du territoire (SCOT) ce paragraphe si sensible évoquant « un éventuel recul du front bâti ».

Un phénomène global

Francis Grousset, climatologue à l'Observatoire aquitain des sciences de l'univers, a rappelé que l'érosion était un phénomène global. Une « agression » inscrite dans un cycle de réchauffement climatique naturel qui entraîne une élévation du niveau de la mer.

Jean-Pierre Tastet, professeur, revient sur le « déficit de sédiments ». Les fleuves charrient moins. En Gironde, le grand estuaire ne transporte plus la matière vers le milieu marin. Au final, un recul moyen du trait de côte de 1 à 2 mètres par an. Lacanau est très exposée du fait de sa position. Construite sur l'avant-dune et non pas derrière, la station est confrontée de plein fouet à l'érosion. Ses protections, deux digues et un enrochement, ne donnent plus satisfaction. Au nord et au sud, les dunes reculent naturellement. Le front bâti de la station, fixé, commence à se détacher. Un jour, une presqu'île...

Les préconisations

C'est la deuxième partie de la réunion. Vincent Mazeiraud, ingénieur côtier de la Sogreah (1), revient sur les techniques les plus récentes de lutte contre l'érosion. C'est le rechargement massif des plages, comme au Pyla. Puisé dans un gisement, le stock de sable permet de tenir deux ans.

Il y a aussi la construction du récif artificiel, comme en Australie, raconte le professeur Jean-Pierre Tastet. La méthode d'Écoplage séduit le public. Ce procédé « écologique » vise à installer des drains pour assécher la plage. « Une plage drainée permet aux vagues de s'infiltrer, ce qui facilite le dépôt de sable, tandis qu'une plage humide subit un très fort effet érosif. » Jean-Yves Audrain assure que le système fait des miracles aux Sables-d'Olonne. Enfin, la meilleure nouvelle pour Lacanau. La commune devrait être choisie comme site pilote par le Groupement d'intérêt public littoral. Une gouvernance associant les collectivités et l'État, et dont l'une des missions consiste à lutter contre l'érosion. Un chantier complexe mais passionnant.

(1) Société intervenant dans les domaines de l'eau, l'énergie et l'environnement.

Auteur : julien lestage

Publié dans L'océan

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