Voilà l'argent du beurre

Publié le par robert

RESTAURATION. Première journée de TVA à 5,5 % : dans le Médoc, encore peu de ristournes chez les saisonniers mais des promesses d'embauche. Affaire à suivre...

Les restaurateurs ont baissé quelques prix. Juste ce qu'il faut pour afficher le macaron « ici, on applique la TVA à 5,5 % ». (photo y. s.-s.)
Les restaurateurs ont baissé quelques prix. Juste ce qu'il faut pour afficher le macaron « ici, on applique la TVA à 5,5 % ». (photo y. s.-s.)

Pleins de projets. Et quelques voeux pieux ? Hier, parmi les restaurateurs de la côte médocaine, beaucoup n'affichaient pas un empressement frénétique pour répercuter la baisse de la TVA sur les cartes. « Nous allons le faire mais nous n'allons quand même pas raturer la carte », se justifiait-on, hier, dans un établissement de Maubuisson. « Au moins, je ne vais pas augmenter mes prix cette année », explique une restauratrice de Soulac. Pas de zèle donc.

Rester crédible

Et chez ceux qui avaient décidé de faire un geste, la ristourne ne s'appliquait bien souvent que sur une dizaine de produits de la carte : les cafés, les sodas, les eaux, les menus enfants, un plat du jour. Juste ce qu'il faut pour prétendre au macaron « ici on applique la TVA à 5,5 % ».

« Il faut baisser les prix, sinon, on ne va pas être crédible », s'inquiète Catherine, à Soulac. Reste que pour l'instant, la révolution tant annoncée risque de faire pschitt sur la côte du Médoc. « Le café va passer de 1,90 ? à 1,70 ?, le problème, c'est que ça ne va pas se voir ! », ajoute la restauratrice.

« La mise en place sera beaucoup plus effective mi-juillet », jure César Rodrigues, président de la branche restauration à l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie de la Gironde (Umih). Comme pris de cours, certains mesurent les difficultés techniques pour aligner les prix sur les nouveaux taux tant réclamés : « Changer ma carte, ça me coûte 400 euros chez l'imprimeur », tempête un propriétaire de crêperie. Une montagne !

Petites primes

Désormais, on affiche plus volontiers les répercussions de la nouvelle mesure fiscale sur le secteur lui-même. « Notre priorité, c'est les salariés. Nous n'allons pas changer les prix pour l'instant, mais nous allons pouvoir mieux respecter les horaires des employés », promet la direction de Kayoc, le grand restaurant de Lacanau. César Rodrigues : « Nous conseillons aux établissements de répercuter la baisse sur trois secteurs : les prix, les employés et le matériel. »

Mais pour l'instant, chez les saisonniers, la tendance est plutôt à la prudence. Ainsi, dans ce restaurant de Montalivet où l'on a calculé que la baisse allait faire économiser au moins 1 500 euros par mois : « Je vais verser une prime de 100 euros à mes cinq employés. Pour le reste, nous verrons ce que donnera la saison ».

Restent pourtant ça et là quelques ingrats : « Pour les saisonniers, c'est une mesurette. J'aurais préféré une baisse des charges ! ». Ou l'art de retourner son tablier.

Auteur : Thomas Segui et Yann Saint-Sernin

Publié dans économie

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