Après les pavés, la plage

Publié le par robert


MNS CRS. Ils sont arrivés le mercredi 1er juillet sur les plages. Un renfort très attendu dans le Médoc et une mission particulière pour les policiers : veiller à la sécurité des baigneurs

À Soulac, neuf policiers vont encadrer 26 sauveteurs civils, issus d'une équipe municipale et de la SNCM. (PHOTOS Y. S.-S.)
À Soulac, neuf policiers vont encadrer 26 sauveteurs civils, issus d'une équipe municipale et de la SNCM. (PHOTOS Y. S.-S.)

Sans casque et sans matraque. Presque pas « la gueule de l'emploi » ! Ce sont pourtant bien des CRS qui ont pris position sur les plages du Médoc depuis mercredipour renforcer et encadrer les équipes de surveillance des plages. À Soulac, ils seront neuf policiers autour de 26 sauveteurs civils, issus d'une équipe municipale et de la SNSM répartis sur quatre postes.

Des plages dangereuses

Dans le poste central, en préfabriqué blanc, sur le front de mer, ils sont sept sauveteurs à cohabiter dans quelques mètres carrés : trois policiers et quatre civils. Un lit pour les blessés, avec les bombonnes d'oxygène, une petite table de réunion et de vieilles armoires en fer d'où débordent les combinaisons et le matériel de plongée. Dans l'arrière-boutique, une pièce de vie avec un micro-onde et une machine à café. Pas le palace, en somme !

« C'est sûr que, quand les CRS arrivent, ça change un peu, ils amènent beaucoup de rigueur », explique Marina, jeune sauveteur de la SNSM. « Tout ce qui rampe, nage, vole à moins de 400 mètres du rivage est sous ma responsabilité », matraque le brigadier-chef Denis Samouillan. Et avec 8 kilomètres de plage à surveiller, sur l'une des côtes les plus dangereuses du littoral, la tâche est loin d'être simple. L'an dernier, sur la seule plage centrale de Soulac, longue de 500 mètres, les sauveteurs ont effectué 19 sauvetages, 159 assistances et ont eu à déplorer trois noyés (dont deux crises cardiaques).

« Nous sommes dans une zone de baïnes avec de forts courants, les vacanciers ont tendance à oublier que la mer est dangereuse », ajoute Denis Samouillan, vieux briscard des plages, avec quinze saisons au compteur. Ici, vu l'étendue de la plage, la difficulté reste d'intervenir sur les zones non-surveillées. « Les trois noyés que nous avons eu a déplorer l'an dernier se baignaient en zone non-surveillée », précise le sauveteur.

Une autre image

Alors, à Soulac, l'expérience des maîtres nageurs sauveteurs CRS surentraînés semble, pour l'instant, indispensable à toute l'équipe.

« Beaucoup de sauveteurs civils sont étudiants et abandonnent le métier au bout de quatre ans. Mais pour arriver à lire la mer et prendre les bonnes décisions, il faut des années d'expérience », explique Jérome, jeune sauveteur de la SNSM. Ici, malgré la portée dissuasive du sigle CRS, c'est donc bien leurs compétences de sauveteurs qui semblent unanimement reconnues : « Je ne les vois pas comme des flics, mais comme des professionnels de la mer. J'ai du mal à les imaginer en tenue dans les manifestations », rigole Jérôme.

Et il faut bien reconnaître que pour ces habitués du lacrymo et du bouclier, le changement d'image est radical.

« Les gens nous voient sous un autre angle, car nous ne sommes pas dans un rôle répressif. Même avec les jeunes difficiles, nous pouvons avoir un contact différent », explique le brigadier-chef Mallier.

Pourtant, l'an dernier, sur la seule plage de Soulac-centre, les CRS ont aussi dressé 64 PV et procédé à 17 arrestations. Denis Samouillan : « C'est la seule mission pour laquelle nous ne sommes pas armés. Mais bon, si quelqu'un résiste, je suis entraîné pour le maîtriser à mains nues ! » Chassez le naturel...

Auteur : Yann Saint- Sernin

Publié dans L'océan

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