Un amoureux de la cuisine pour parrain

Publié le par robert


Caroline Sabarot, présidente de la bibliothèque, avec Christian Coulon. (PHOTO P. V.)
Caroline Sabarot, présidente de la bibliothèque, avec Christian Coulon. (PHOTO P. V.)

Le Médocain Christian Coulon a fait des études de science politique et d'anthropologie à Bordeaux, Paris et Los Angeles. Il est actuellement professeur de science politique à l'Institut d'études politiques de Bordeaux, où il enseigne la philosophie politique et la sociologie politique de l'Afrique noire et du monde musulman. Il est auteur de plusieurs ouvrages dont « Ce que ''manger Sud-Ouest'' veut dire » (1), et il est donc le parrain de la nouvelle bibliothèque.

« Sud Ouest ».

Pourquoi cet intérêt pour la cuisine et en particulier la cuisine régionale ?

Christian Coulon. D'abord parce que je suis d'une famille issue du Médoc, qui était plus ou moins dans ce qu'on appelle les métiers de la « bouffe ». Puis ma grand-mère était de Carcans, du Mayne- Pauvre plus exactement où je venais en vacances. J'ai donc vécu toute mon enfance dans ce milieu- là, j'y ai appris à faire la cuisine et il y avait un grand intérêt pour la cuisine, surtout régionale. J'ai baigné dedans tout petit, j'ai appris à la fois à goûter et aussi à faire. C'est-à-dire que mon père, lorsque j'allais au lycée, m'obligeait, avant de faire mes devoirs, à aller au laboratoire pour l'aider à faire ses sauces et ses pâtés. Mais comme je suis aussi universitaire, j'ai aussi un oeil de chercheur sur la cuisine et j'essaie - entre autres - de comprendre les coutumes des tables...

Justement quel oeil avez-vous sur la cuisine moderne ?

J'ai des sentiments mitigé. J'admire le côté infantile de ces gens- là. C'est vrai que la cuisine il faut la faire avancer, il ne faut pas la figer dans la tradition. Puis on est aussi un monde interculturel, globalisé, il faut donc prendre un peu aux uns et autres. Mais en même temps lorsque je vais dans ces restaurants - ce qui m'arrive de temps en temps - je sors et j'ai encore faim. Je trouve que c'est une recherche trop esthétique et trop désincarnée. C'est-à-dire que c'est beau, bien présenté, mais en même temps, si j'ose dire, je reste presque sur ma faim. Puis il y a l'effet de mode qui m'indispose un peu. Néanmoins je respecte tout à fait cette cuisine.

Vous êtes un peu dans le même registre que Jean-Pierre Coffe ?

Je n'ai pas sa gouaille, mais c'est un personnage intéressant qui a une grande connaissance de la cuisine, fin goûteur, il a des coups de gueule qu'on aime ou qu'on n'aime pas, mais il a raison de nous ramener quelquefois à des choses simples. Puis j'aime bien écrire, quand on s'intéresse à la cuisine, il y a deux approches : une approche très professionnelle, très technique que je respecte tout à fait. Moi, j'aime bien cuisiner les mots, chacun son métier. Je ne suis peut-être pas capable d'entrer dans le détail technique d'un chef, mais comme je suis quelqu'un de la culture, j'aime bien mettre une dose de culture dans ce que j'écris sur la cuisine.

(1) « Ce que ''manger Sud-Ouest'' veut dire ». Éditions Confluences. 285 pages. 18 euros.

Publié dans Carcans

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