La plage n'est pas toujours de tout repos

Publié le par robert

LITTORAL. Pourquoi la Gironde a-t-elle des plages dangereuses ?

Un banc de sable étroit, des courants violents et un groupe de baigneurs peut être emportée au large. (photo J. L.)
Un banc de sable étroit, des courants violents et un groupe de baigneurs peut être emportée au large. (photo J. L.)

En vol stationnaire, et au-dessus d'une plage bondée saisie par le « spectacle », Dragon 33, l'hélicoptère de la Sécurité civile, dépose délicatement sa nacelle sur le sable chaud. À l'intérieur, des nageurs rescapés et sous le choc, sont récupérés par un médecin urgentiste. Au même moment, au large, le scooter des MNS décrit un cercle autour d'un groupe de baigneurs emportés par un courant de baïne. Ils attendent l'arrivée du giravion. Plus loin, c'est le traditionnel filin qui est utilisé par une autre équipe de sauveteurs.

Des touristes et des moniteurs participent au sauvetage. Ils tirent sur la corde. Au bout, il y a un groupe, chahuté par les vagues, qui peine à rejoindre le rivage. La plage est en alerte. Les interventions s'enchaînèrent au rythme de l'océan qui balance ses paquets de vagues. Cette scène d'été, de nombreux vacanciers ont pu l'observer. Les plages du littoral girondin ne sont pas sans danger. En septembre 2008, la populaire station balnéaire de Lacanau clôture son dernier jour de surveillance par une noyade.

Cette année, début de saison tout aussi tragique. Le premier jour de surveillance, les MNS enchaînent une quarantaine de sauvetages. Le lendemain, sur une plage fréquentée, mais non surveillée, un père de famille, emporté par une baïne, perdra la vie.

Le piège des baïnes

Comme la montagne, l'océan a ses pièges. Sur les côtes sableuses de Gironde, le plus dangereux porte le nom de baïne (petit bassin en gascon). Un phénomène absent des côtes rocheuses, où les falaises dominent.

À marée basse, on peut observer le « squelette » de la baïne assez facilement. Une sorte de grande mare qui s'étale sur la plage. À sa sortie, en direction de l'océan, le bassin devient beaucoup plus étroit : un exutoire. Il est entouré par des bancs de sable. C'est l'endroit le plus critique. À mi-marée, la mécanique se met en branle.

Les vagues remplissent la baïne. Et lorsque l'eau se retire, les nageurs sont piégés par un courant qu'ils n'ont pas senti venir. « Il y a moins de vagues dans la baïne. C'est moins brutal que sur le banc de sable. C'est souvent la raison pour laquelle les baigneurs sont attirés par la zone. Pourtant, c'est la plus sensible », explique un MNS-CRS.

La vague de bord

Dans le langage des surfeurs, il y a le « shore break ». C'est le rouleau de bord. Une vague qui casse dans très peu d'eau aussi bien à marée haute qu'à marée basse. Au Brésil, elle est appelée « casse-nuque ». La déferlante assomme, luxe. Parfois, elle est à l'origine d'accidents beaucoup plus dramatiques, lorsque les cervicales sont touchées. « La majorité des victimes sont des nageurs qui n'ont pas l'habitude de se baigner dans l'océan, où qui ne sont pas en bonne condition physique. Ils se font surprendre par la vague », témoigne un sauveteur civil.

Des collisions

C'est une évolution qui rentre dans les statistiques des secours. Les adeptes des sports de glisse sont de plus en plus nombreux. Et les collisions fréquentes.

Sur certaines plages, où la vague est belle, ce n'est pas l'autoroute, mais le miracle se produit tous les jours. Les sauveteurs peuvent observer des planches frôler des têtes qui dépassent de l'eau. Il y a bien un code de la vague. Mais en France, l'été ne dure que deux mois. Pas toujours évident de se mettre à la page.

Auteur : julien lestage

Lundi prochain, retrouvez notre série « Pourquoi sur la Gironde ? » sur la taille du département.
j.lestage@sudouest.co

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