Des vies sauvées tous les jours

Publié le par robert

LITTORAL. Depuis le début de l'été, les hélicoptères sortent tous les jours de l'océan une quinzaine de baigneurs en difficulté. En appui aux secours au sol. Alerte maximale

Mer peu agitée, soleil de plomb annoncé pour la semaine, horizon bleu, sable fin et brûlant invitant au farniente, lointain brouhaha des baigneurs et doux bruit de l'eau qui va et vient en bord de plage. Des conditions idéales pour profiter de vacances programmées et rêvées tout au long de l'année. Pourtant, l'Océan peut vite se révéler dangereux.

« Vu de la plage, hormis quand il y a de gros rouleaux, les vagues n'ont pas l'air si méchantes », concède le lieutenant-colonel Patrice Bar, commandant du Groupe des formations aériennes de gendarmerie du Sud-Ouest. « Les touristes, qui ne sont pas les mêmes d'année en année, ne se méfient pas assez. » Ses hommes sortent d'un dimanche chargé, notamment marqué par le sauvetage en mer de 18 personnes à Labenne, dans les Landes (lire par ailleurs et notre édition d'hier).

Tranches de côte

Le littoral atlantique est partagé, pour les secours en mer, en plusieurs « tranches de côte d'environ 50 kilomètres ». En complément des maîtres-nageurs sauveteurs au sol, un détachement aérien de la gendarmerie ou de la Sécurité civile est responsable de chacune. Dans notre région de diffusion, Dragon 17 et Dragon 33 interviennent pour la Sécurité civile en Charente-Maritime et de l'estuaire de la Gironde au Grand -Crohot. Du Grand-Crohot à la frontière espagnole, ce sont les gendarmes basés à Cazaux, Mimizan et Bayonne qui font les sauvetages en mer. Dans un rayon d'action de 10 nautiques (près de 20 kilomètres) depuis la côte.

« Le point le plus loin sur une zone est situé à quinze minutes de la base », détaille l'officier. Depuis le début de la saison, le 4 juillet, les hélicoptères ont fait une moyenne de deux ou trois interventions quotidiennes par tranche de côte. Soit au moins une quinzaine de sauvetages par jour dans la région.

« Gagner du temps »

« Notre contrat, c'est l'intervention en milieu périlleux », précise le lieutenant-colonel Patrice Bar. Et l'Océan en est un. « Le leitmotiv, c'est de gagner du temps, car une personne se noie très vite et ne tient pas très longtemps, seule, dans une eau à 18 ou 20 °C. » Contrairement aux idées reçues, les stations ne font pas systématiquement, ou à outrance, appel à l'hélicoptère. « Beaucoup s'équipent de mieux en mieux, avec des Jet-Skis, par exemple. » Les maîtres-nageurs font aussi des miracles au sol.

Mais le principe de précaution s'applique. Au moindre doute, signe de faiblesse d'un nageur ou gestes d'appel au secours, le MNS se rue sur la personne et évalue la situation. Et l'hélico peut être appelé en renfort.

« Dans chaque base, un équipage est prêt à bondir dans l'hélicoptère et à embarquer un médecin », commente le lieutenant-colonel Bar. « Le but est de retirer la personne de l'endroit dangereux où elle a été repérée en difficulté ou de faire l'ambulance et de transporter des médecins qui mettraient plus de temps à arriver par la route ». Depuis 2001, un protocole lie et organise les moyens aériens de l'État et ses différents services.

Un sauveteur plonge, se rapproche du ou des nageurs, choisit le plus mal en point à remonter en premier, propose une bouée de stabilité, rassure et passe à l'action. Passé la peur du bruit et des vagues créées par les pales de l'hélicoptère, le nageur, soulagé, se laisse hélitreuiller et ramener sur la plage ou à l'hôpital. Des sensations fortes dont il se serait bien passé. Mission accomplie.

Le temps joue évidemment sur le nombre de personnes qui vont se trouver sur la plage et donc sur le nombre de touristes susceptibles d'être en difficulté. L'alerte est actuellement maximale.

Auteur : florence mor

Publié dans L'océan

Commenter cet article