Les boules à facettes brillent à flux tendu

Publié le par robert

BOÎTES DE NUIT. Leur fréquentation se concentre entre le 14 juillet et le 15 août. Soirées mousse, DJs ou encore sponsors, l'effort est nécessaire pour attirer la clientèle

Les platines sont sous pression : elles ont cinq semaines pour convaincre. 14 juillet-15 août : la saison estivale s'est en effet resserrée sur un mois, et ce qui est vrai pour le tourisme en général l'est aussi pour les boîtes de nuit du littoral. « Je fais 50 % de mon chiffre d'affaire annuel sur ces quelques semaines. Non seulement la saison s'est recentrée, mais maintenant, l'essentiel de notre activité se joue chaque soir sur deux heures, entre deux et quatre : les gens arrivent de plus en plus tard, rarement avant une heure et demi, et la fermeture est obligatoire à quatre heures » constate Laurent Peyrondet, patron du Canta Bria et du Bat Café à Lacanau.

Pas de temps à perdre donc, et pour les professionnels de la nuit, un impératif : tirer le maximum de ces cinq semaines à plein régime. « Aujourd'hui, on ne peut plus se permettre d'être dans la routine, de proposer des soirées sans innovation », note Giovanni Canestri, patron du Centaure sur le Bassin. « Il faut dynamiser la saison », ajoute Claude Somariba, capitaine du MégaMacumba, l'une des rares boîtes de l'agglomération bordelaise à ne pas s'offrir de trêve estivale.

« Dynamiser » donc, mais comment ? Première réponse : inviter des DJs. Leur présence, promue par des tonnes de flyers, aux frais des intermédiaires qui les font venir, doit créer l'événement. Seulement voilà, un DJ, ça coûte cher : de 3 500 à 30 000 euros selon la notoriété. Si bien que ces pros des platines se produisent de temps à autre dans les night-clubs du département, mais pas davantage. « C'est un produit d'appel. La soirée en soi n'est jamais très rentable, on les fait venir pour communiquer, pour montrer qu'on est dans le "move" » explique le patron d'une boîte de la côte.

Mousse, bulles ou CO2

Moins chère que les DJs, la mousse, les bulles ou le CO2 sont d'autres arguments pour faire parler d'un lieu, et, humidité oblige, elles ne peuvent avoir lieu qu'en été. Un canon à mousse coûte entre 3 000 et 6 000 euros, mais il peut resservir sur plusieurs saisons. « On peut aussi en louer pour un soir, pour 700 euros » précise Claude Somariba.

Dans ce registre des soirées « à effet », les dernières venues sont les soirées CO2, créées à Ibiza : elles consistent à bombarder la piste de danse d'air glacé, ces jets permettant de faire chuter, en quelques secondes, la température de la salle de plusieurs degrés. Des prestataires se sont spécialisés dans l'organisation de ces soirées (aucun n'est basé en Gironde) ; ils réclament 1 000 à 2 000 euros par soir. Troisième classique des nuits estivales : la soirée fournisseurs, livrées clé en main par des marques dans le cadre de leurs tournées d'été. Ces « partenaires » investissent pour un soir la discothèque, avec des hôtesses, un Dj, une déco (kakémonos publicitaires, un corner photo où le public est invité à se faire tirer le portrait), et des lots à gagner. En général, ces soirées sont offertes par les marques, ravies d'avoir une scène pour une promo géante ; en contrepartie, le club est à peu près assuré de faire le plein. Ce filon sera toutefois moins solide pour cet été : face à la crise, plusieurs spiritueux ont renoncé à ces animations.

DJ, soirées mousse ou sponsors, sont, chaque été, les cartes du jeu de la nuit. En revanche, il est un levier sur lequel les patrons de boîte jouent peu : le prix. C'est qu'en Gironde, le monde des nuits estivales fonctionne par villages : il y a les allées Ortal de Lacanau, la pointe du Ferret, Arcachon, quelques clubs à Paludate... autant de microcosmes où l'usage, non écrit, impose de s'aligner sur un même prix - gratuité de rigueur par exemple à Lacanau.

Auteur : JULIEN ROUSSET
j.rousset@sudouest.com

Publié dans économie

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