L' été au ralenti des locations saisonnières

Publié le par robert

TENDANCE. Le mois d'août sera correct, sans plus. Celui de juillet, une nouvelle fois en baisse. Au Pyla à Andernos ou à Lacanau, certaines villas n'ont pas trouvé preneur

Bien sûr, les touristes sont encore nombreux à venir cet été louer une semaine à proximité de l'océan ou autour du Bassin. Environ 60 % du marché de la location d'été passe entre les mains des professionnels et tous s'accordent pour constater une vraie baisse du nombre de villas ou appartements meublés loués sur le littoral girondin, au mois de juillet surtout.

Qu'on en juge. Moins 30 % confirmés par l'Agence Bru de Lacanau, une des plus anciennes sur le marché et sur le créneau de la location saisonnière. Moins 5 à moins 10 % confessé par l'Agence du Cap-Ferret, une baisse supérieure même, de l'ordre de 15 % en juillet, constaté par Benoît Drivet qui a récemment repris une agence au Canon.

Environ moins 20 %

Idem à Andernos, où l'Agence du Littoral enregistre une baisse d'environ 10 % du nombre de villas ou d'appartements loués au début de l'été. Elle fait suite à une baisse identique l'an passé à la même période.

Le Pyla n'échappe pas à la tendance. « Nous n'avons pas vu grand monde en juillet », admet Patrice Ghigo, patron de Pyla Immobilier qui gère, depuis 15 ans, une cinquantaine de jolies villas. Cela faisait longtemps qu'il ne lui en était pas resté sur les bras à cette époque de l'année.

Alternatives touristiques

Le mois d'août s'annonce fort heureusement meilleur. Tout le parc a trouvé preneur, mais pour 15 jours seulement. Il n'y a plus de saison... Il y aura encore de belles opportunités à négocier en fin d'été dans toutes les stations littorales. « Certains de nos clients sont venus le jeudi 30 juillet pour louer à compter du samedi 1er août », raconte Valérie Bru, patronne de l'agence à Lacanau. Du jamais vu.

Plusieurs explications contribuent à éclairer cet incontestable revers. La crise évidemment. On a revu des familles bordelaises trois semaines sur Lacanau, seule destination de vacances cette année.

Par crainte du lendemain, certains ont retenu à la dernière minute et négocient comme jamais car les budgets sont plus serrés. « Les touristes allemands et anglais sont moins nombreux que l'an passé », constate Michel Bru.

Le parc des locations s'étend lui aussi. Des propriétaires de la presqu'île ont mis pour la première fois leur bien en location tout ou partie de l'été plutôt que l'occuper. Toujours la crise. Les destinations touristiques à bas coûts deviennent des concurrents redoutables pour la Gironde. Les modes de commercialisation aussi. Internet s'impose certes, mais de manière encore désordonnée. Chacun a son site mais l'offre collective est rare.

2 000 euros la semaine

« Nous avons longtemps vécu sur notre tas d'or mais notre environnement naturel exceptionnel est moins connu aujourd'hui que d'autres destinations françaises mieux commercialisées », assure Patrice Ghigho qui travaille surtout avec des habitués...

Les prix ont pourtant été stables au regard de ceux pratiqués l'an passé. Il fallait mettre 550 ou 600 euros la semaine pour louer un T2 face à la mer à Lacanau en haute saison, 650 euros pour une petite maison à Andernos, 2 000 euros voire 3 000 euros avec piscine en moyenne pour une villa au Canon.

On ne parle pas de celles en première ligne au Pyla à 10 000 euros la quinzaine... Les particuliers qui louent de gré à gré ou directement via Internet ont, semble-t il, davantage adapté leur prix à la nouvelle demande. Car stabilité des prix ne veut pas toujours dire sagesse. Et si les locations du littoral girondin étaient devenues trop chères ?

Auteur : Jean-Bernard Gilles

Publié dans économie

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