Cap-Ferret. Elle se noie en voulant sauver ses enfants

Publié le par robert

Plages. Une mère de famille de 48 ans est emportée par un courant de baïne au Cap-Ferret.

En prévision des départs annoncés des maîtres nageurs sauveteurs, des formations pour MNS civils sont organisées par les municipalités landaises. Photo DDM, Éric Moreau.
En prévision des départs annoncés des maîtres nageurs sauveteurs, des formations pour MNS civils sont organisées par les municipalités landaises. Photo DDM, Éric Moreau.
En prévision des départs annoncés des maîtres nageurs sauveteurs, des formations pour MNS civils sont organisées par les municipalités landaises. Photo DDM, Éric Moreau.

Les plages du Sud-Ouest comptent sans doute parmi les plus belles mais n'en sont pas moins dangereuses. Le décès mercredi après-midi d'une mère de famille dans les rouleaux de la plage du Truc vert au Cap-Ferret (Gironde) vient rappeler la nécessité de se tenir au plus près des zones surveillées. De fait, elle souligne le « coup de gueule » poussé en juin dernier par de nombreux maires du littoral qui se sont vus attribuer des effectifs réduits de surveillance des plages.

Elle s'appelait Françoise et avait 48 ans. Elle s'est noyée mercredi après-midi alors qu'elle nageait pour secourir ses enfants emportés au large alors qu'ils se baignaient à un kilomètre du poste de secours.

Dans un premier temps des surfeurs ramèneront sur le sable le fils âgé de 8 ans et sa sœur de 12 ans indemnes. Puis ils repartiront à l'eau chercher leur mère en perdition. Françoise, habitante du Petit-Piquey sur la presqu'île ne pourra être ranimée, ce malgré les efforts conjugués des CRS sauveteurs et de la brigade nautique des sapeurs pompiers arrivés sur place en peu de temps suivis de l'hélicoptère de la gendarmerie stationnée sur la proche base militaire de Cazeau.

Pourtant sportive accomplie (elle pratiquait entre autre l'aviron et la plongée) Françoise n'a pu lutter contre le fort courant de baïne. C'est la même situation qui a bien failli avoir raison de douze jeunes Irlandais, Britanniques et Français emportés au large de la plage de Labenne début juillet. « Vous êtes arraché à la vitesse de 50 mètres toutes les 10 secondes et vous ne pouvez rien faire » précisait alors le brigadier-chef Stéphane Guéroué à la tête du poste de secours de la plage landaise. Ce jour-là il plusieurs rotations d'un hélicoptère basé avaient été nécessaires pour venir à bout de la mission et sauver les jeunes imprudents.

« Sur la zone couverte par notre appareil qui va de la côte basque au sud des Landes, nous avons réalisé sur les quinze premiers jours de juillet pas moins de 24 opérations de sauvetage et 104 hélitreuillages. En moyenne nous sortons au minimum une fois par jour durant l'été souvent plus… » précisait le lieutenant Laurent Saintespes aux commandes de l'écureuil engagé sur la zone.


« Il me faudrait 15 CRS au minimum »

« De vingt CRS sur nos plages entre juin et septembre nous sommes passés à 16 l'an dernier pour juillet et août seulement. Cette année l'État prévoyait de nous en mettre 10 à disposition. Après avoir négocié avec le préfet j'en ai obtenu 13 ! ».

Jean-Pierre Dufau est en colère. Le maire de Capbreton (8 500 habitants l'hiver 50 000 en été) se bat pour que la surveillance de ses plages océanes ne passe pas après « d'autres impératifs de sécurité » : « Pour assurer le bon fonctionnement de mes 5 plages surveillées il nous faudrait au minimum 15 CRS en plus des 33 maîtres nageurs sauveteurs civils que nous prenons en charge via le SIVOM (syndicat intercommunal à vocation multiple) ».

Une situation tendue

Pas de décès pour l'instant cet été à Capbreton mais des rotations régulières d'hélicoptères pour venir au secours de baigneurs imprudents, entre 11 heures et 19 heures horaires habituels de surveillance : « La situation devient parfois dramatique. Il y a quelques jours un CRS qui était heureusement resté plus tard a sauvé un baigneur en dehors des heures de service au péril de sa vie… ».

A aucun moment Jean-Pierre Dufau n'a envisagé de fermer des plages : « Si je fais cela et qu'il arrive un accident je risque quand même d'être poursuivi… ».

Le maire de la station balnéaire qui considère que « l'État a la responsabilité d'assurer la protection des citoyens en vacances » envisage dès la rentrée avec les autres élus de la cote atlantique de demander un entretien au ministre de l'intérieur Brice Hortefeux pour évoquer ce dossier.

 

http://www.ladepeche.fr

Publié dans La sécurité

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