Ce que les juniors ont dans le ventre

Publié le par robert

LACANAU PRO 2009. Hier, les juniors ont ouvert la compétition avec l'Oakley Pro Junior. Ils sont nombreux et doués. Ils forment une génération de surfeurs très prometteurs
Il pourrait y avoir bientôt un successeur au seul Français ayant remporté le French Pro. Cet héritier tricolore se cache parmi une nouvelle génération décomplexée. (Photo Éric Despujols)
Il pourrait y avoir bientôt un successeur au seul Français ayant remporté le French Pro. Cet héritier tricolore se cache parmi une nouvelle génération décomplexée. (Photo Éric Despujols)

Dans le surf, tout est une question d'équilibre. Et les jeunes l'ont bien compris : « Il faut s'inspirer du surf d'avant et du surf de maintenant. D'un côté, je regarde les vidéos des pros et de l'autre mes copains qui fracassent... » Pierre-Valentin Laborde, 17 ans, appartient à cette génération montante qui impose un style encore plus spectaculaire : plus aérien, plus radical (comprendre avec des trajectoires plus serrées), plus agressif, plus puissant, plus explosif. Plus tout, finalement.

Stéphane Bienabe, chargé de la promotion du Lacanau Pro, n'a pu que constater cette évolution : « Ce style léger, rapide et " skate " qu'ils adoptent découle aussi du progrès en matière de planches. Plus petites, elles leur permettent d'aller trouver des figures extrêmes. »

Plus de moyens

« Avant, le surf c'était un sport, maintenant c'est un métier. Certains atteignent un niveau impressionnant à 12 ou 13 ans », analyse Pierre-Valentin. Une évolution due à des conditions de formation et d'encadrement de plus en plus valorisantes. « On assiste à une réelle prise en main des sponsors après la détection d'un jeune. Ils ont plus de moyens, alors ils peuvent par exemple les emmener à Hawaï ou en Australie pendant l'hiver. À cela, il faut ajouter la multiplication des écoles et la démocratisation de la discipline », explique Lucas Leveza, le team manager Oxbow.

Les mentalités changent aussi. L'esprit « roots » des anciens fait place au professionnalisme, à la compétition. Mais les jeunes assurent qu'une fois sortis de l'eau, l'entente est excellente. « Avec les filles, on est toutes très soudées », raconte Léa Mengual, une jeune surfeuse de 18 ans. Plus que l'affrontement, les juniors féminines recherchent la performance : « Il faut que l'on progresse toutes ensembles. Le but est de se rapprocher du niveau des gars. Je m'inspire de ce qu'ils font et mes principales idoles sont des hommes, comme Dane Reynolds ».

Devant une nouvelle génération aussi motivée, Stéphane Bierabe cherche les atouts des anciens : « Plus on a d'années d'expérience, plus on a de mémoire de la vague. Cette meilleure lecture de la vague compense les points faibles physiques qui apparaissent avec l'âge. C'est un équilibre, le surf ! »

Auteur : Camille chignac

Publié dans La gliss - le surf

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