Un cortège de 4 x 4 qui fait désordre

Publié le par robert

AYDIUS 64. Douze 4 x 4 stationnés samedi en montagne ont attiré l'attention des gardes de l'Office national de la chasse. Alain Rousset était passager de l'un d'entre eux Les engins motorisés sont interdits dans les zones protégées des parcs nationaux. (Archives Michel Amat)
Les engins motorisés sont interdits dans les zones protégées des parcs nationaux. (Archives Michel Amat)

Alain Rousset, le président PS du Conseil régional d'Aquitaine, n'a pas forcément la réputation d'avoir la fibre très écolo. L'incident survenu sur les hauteurs d'Aydius, en haute vallée d'Aspe, dans le périmètre du Parc national des Pyrénées, ne corrigera certainement pas cette image.

Samedi matin, les gardes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ont relevé la présence de douze 4 x 4 dans une zone protégée. Alain Rousset était passager de l'un d'entre eux.

Propriétaire d'une résidence secondaire dans une commune voisine, le patron de la Région avait été convié à l'inauguration festive d'un « cayolar », une cabane de montagne restaurée par les chasseurs du cru. La piste Sartiat permettant d'y accéder étant interdite à la circulation, Bernard Bourguinat, le maire d'Aydius, avait pris un arrêté autorisant exceptionnellement le passage des véhicules, aucun des invités n'ayant apparemment ni le temps ni le désir d'effectuer la montée à pied.

Espace protégé

Le cortège transportait plusieurs dizaines de personnes, essentiellement des habitants du village et des responsables cynégétiques dont Bernard Placé, le président de la Fédération de chasse des Pyrénées-Atlantiques. « La piste s'arrêtait à proximité du cayolar. Il était impossible d'aller plus loin », insiste ce dernier. « Le chemin était très abîmé. On ne pouvait s'y garer ou faire demi-tour », raconte l'un des participants.

Les 4 x 4 se sont donc immobilisés sur un espace naturel où la circulation des engins à moteur est totalement prohibée. Les pneumatiques n'ont certes pas transformé la prairie en champ de labour. Mais ils ont aplati des pelouses sauvages composées de myrtilliers et de rhododendrons où se reproduisent perdrix et coqs de bruyère. Et cela sous les yeux, ébahis, de plusieurs gardes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Venus faire des comptages d'oiseaux, ils sont tombés nez à nez avec ces puissantes mécaniques stationnées en épi.

Silence radio

Les agents ont noté les numéros d'immatriculation des véhicules avant d'adresser un signalement à la sous-préfecture d'Oloron. La procédure débouchera-t-elle sur un procès-verbal ?

« Je ne ferai aucun commentaire », lâche, agacé, Xavier Horgassan, le chef du service départemental de l'Office national de la chasse et la faune sauvage.

Bernard Placé, le président de la Fédération départementale de chasse des Pyrénées-Atlantiques, est plus loquace. « Les gardes font leur travail. Ils n'avaient pas été prévenus de l'inauguration. D'où leur surprise devant une telle concentration de véhicules. Sur le fond, c'est une anecdote. On se fait ramasser pour 50 mètres de trop dans la lande. »

La préfecture des Pyrénées-Atlantiques reste pour l'instant taisante (1). L'embarras des services de l'État est manifeste. L'escapade de ces douze 4 x 4 ne peut être considérée comme une atteinte majeure à l'environnement. Mais elle fait un peu désordre au regard des efforts déployés avec tambours et trompettes depuis deux ans par l'administration. Opérations de police, annonces médiatiques, communication tous azimuts : la chasse aux véhicules à moteur bat son plein au sein du Parc national des Pyrénées, et les amendes pleuvent dru.

« C'est une situation ubuesque quand on connaît l'intérêt du président Rousset pour l'environnement et le travail accompli par les chasseurs. Aussi bien pour protéger les coqs de bruyère que pour restaurer ce cayolar d'où l'on a sorti plus d'une tonne de déchets », s'indigne Bernard Placé.

Pour le premier des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques, l'affaire se résume à quelques myrtilles écrasées. Mais de là à en faire un fromage...

(1) La préfecture des Pyrénées-Atlantiques et Alain Rousset n'ont pas souhaité répondre à nos questions.

Auteur : Dominique richard
d.richard@sudouest.com

Publié dans l'environnement

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Marcel 01/09/2009 07:32

Bon, on peut aller inaugurer une maison pour les chasseurs et ne pas avoir le temps. D'ailleurs pour quelques myrtilles écrasées, on ne va pas en faire un plat de lentilles ou plutôt des confitures.."Fais ce que je te dis , ne fais pas ce que je fais"Remarque: Juppé se fait amener son joli vélo hollandais par une camionnette de la mairie qui pollue.