Battue aux sangliers : le bilan a été maigre

Publié le par robert

CHASSE. Les deux dernières battues organisées à Lacanau n'ont pas permis de supprimer beaucoup de sangliers. L'animal se cacherait dans la réserve de l'étang du Cousseau

«Au Porge, ils ont sorti deux gros cochons. Un de 100 kg, l'autre de 128 kg. C'est un jeune qui a tiré. » Thierry Demptos, tout en équipant ses chiens de colliers munis de GPS, raconte la battue d'un week-end passé. Depuis Espiet, il a à nouveau fait le déplacement avec ses chiens, 9 Bruno du Jura, pour participer à celle de Lacanau.

Hier matin, au moment du briefing, devant la cabane Ratichaud, ils étaient une quarantaine de fusils au rendez-vous. Tout le secteur du lac était concerné. L'objectif était simple : prélever le plus possible de sangliers. Alors que le troupeau continue à proliférer en Gironde, les dégâts occasionnés dans les secteurs résidentiels obligent chasseurs et collectivités à se mobiliser. L'année dernière, les trois asso- ciations de chasse canaulaise, 450 adhérents, ont réussi à abattre 130 sangliers. Sur l'ensemble de la presqu'île, 1 351 cochons ont été tirés, 7 400 dans le département !

Mais l'effort fourni n'empêche toujours pas l'animal de se rapprocher des maisons, et d'être à l'origine de nombreux accidents sur les routes. « Il s'adapte assez facilement aux nouvelles conditions du territoire. On en trouve aux portes de Bordeaux, dans des communes com-me Bruges et Blanquefort », explique Jesus Veiga, le directeur de la Fédération girondine de chasse. La battue organisée hier n'a pas donné grand-chose. Trois sangliers tués au niveau de Talaris. Sur la contournante, plus au sud, un troupeau de 15 cochons est passé devant un chasseur. « C'est encore Hugoni. Il a raté le coup ! », moquait l'un d'entre eux.

Un refuge idéal

Dans les faits, le terrain humide a aussi faussé la manoeuvre. La pluie ne permet pas aux chiens de flairer dans de bonnes conditions. Elle efface les traces. « Les sangliers sont là, mais les chiens ne peuvent les débusquer », renseigne encore Jésus Veiga.

La semaine dernière, cette même battue, initiée à Lacanau, n'avait pas non plus été très convaincante. Cette fois, un manque de communication entre les chasseurs et les pompiers, qui étaient à la manoeuvre au petit matin dans les bois de la traque...

La difficulté de la chasse sur le secteur tient aussi à la situation de la réserve naturelle de l'étang du Cousseau. Située au pied de la station balnéaire, elle permet aux sangliers de trouver refuge dans la journée.

Et la nuit, les cochons peuvent sortir en toute tranquillité en direction de Lacanau Océan. Si plusieurs battues ont été autorisées dans la réserve, les chasseurs semblent dire que ce n'est pas suffisant. C'est là que le gros du troupeau serait. Bien malin !

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

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