Les secrets du moulin

Publié le par robert

CARCANS. Rescapé des temps anciens, l'édifice trône sur le bourg. Quelle est son histoire?

Le moulin du bourg fut élevé en l'emplacement dit « du château ». La première mention du site date de 1627. (photo p.V.)
Le moulin du bourg fut élevé en l'emplacement dit « du château ». La première mention du site date de 1627. (photo p.V.)

Au centre du bourg, perché en hauteur, le moulin de Carcans attire tous les regards. Grâce à l'aimable autorisation de Robert Boyé, actuel propriétaire, de Francis Seurin, président de la Maison des Arts et Traditions Populaires et de Giselle Gasnier, mémoire vivante du musée, ce moulin (autrefois à vent) nous livre aujourd'hui quelques-uns de ses secrets.

C'est en 1050 que les croisés rapportèrent d'Orient la technique de ces moulins. Le principe est de transformer le mouvement vertical des ailes en mouvement horizontal des meules qui broient le grain. Sur la commune, au moins huit moulins bénéficiaient toute l'année des vents venus de l'Océan. Les communes de Lacanau et d'Hourtin en possédaient aussi en nombre. Quatre de ces moulins ont marqué la vie des Carcannais (lire par ailleurs).

Jean Bon, dernier propriétaire

Le moulin du bourg fut élevé à l'emplacement de ce qui est appelé le château. La première mention officielle du site date du 15 juillet 1627 en ces termes : « le Duc de Grammont, sire de Lesparre, cède fief à Monsieur Arbouet le moulin appelé du château, étant à présent basti de pierre du côté du couchant. »

Depuis cette date, il reste dans la famille d'Arbouet jusqu'en 1761, puis il passe dans celle des Lagonnelle, chirurgien à Carcans. Le 23 fructidor an XI (1803), un nommé Jean Bon possède la totalité du moulin. Cette propriété s'est poursuivie jusqu'à nos jours. Dans une étude détaillée du moulin de Carcans, l'abbé Bertruc parle des armes du vieux moulin : ce dernier possédait au-dessus de la porte d'entrée une pierre qui servait de linteau ; on y voit un écu surmonté d'une couronne à 9 branches perlées. Au centre s'élève un pin sur lequel s'appuient deux animaux, un loup, un lion. Seraient-ce des armes anglaises ?

Une question cependant : le château de la Motte de Carcans a-t-il existé dans les temps anciens ? Toujours est-il que la motte de Carcans fut élevée de la main de l'homme à une hauteur de 7 mètres et entourées de douves. C'est Léo Drouyn, lors de ses voyages en Médoc en 1870, qui nous en donne la meil-leure description.

Autres interrogations : Un fortin en bois y fut-il construit comme poste de surveillance ? Y a-t-il eu un baron à Carcans ? Des marques de baronnie ont été relevées dans des textes anciens visant à conforter l'idée d'un édifice destiné à loger un guetteur ? Un prévôt ? Un baron ? Dans ces actes il est dit que le droit de guet, de manoeuvres de garde s'exercera au château de Carcans.

Fontaine miraculeuse

Depuis 1925, le moulin a perdu ses ailes, le canon qui était sur la motte de Carcans est aujourd'hui près du rond-point. Marques du temps ? Il est vrai que d'anciens Carcanais racontaient que, lors de la visite d'un notable, on voulut faire tonner le canon en son honneur. Ce fut la dernière fois qu'il donna de la voix. Par ailleurs la preuve est fournie encore une fois : la fontaine miraculeuse de Saint-Jean (citée par Olivier de Marliave dans son étude « Sources et saints guérisseurs des landes de Gascogne ») était située au pied du moulin. Elle expliquerait le grand nombre de centenaires dans le canton

Auteur : Pierre Vallade

Publié dans Carcans

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