Plan de bataille contre les plantes invasives

Publié le par robert

Lagarosiphon, égéria et jussie ne cessent de proliférer. Un comité de pilotage travaille pour contenir l'invasion.

 Sur le port d'Hourtin l'été dernier : des agents municipaux sur « La Renardière », créée par un ancien policier du lac, dégagent le lagarosiphon, afin que le lieu soit praticable pour les plaisanciers. photo archives j. L.

Sur le port d'Hourtin l'été dernier : des agents municipaux sur « La Renardière », créée par un ancien policier du lac, dégagent le lagarosiphon, afin que le lieu soit praticable pour les plaisanciers.PHOTO ARCHIVES J. L.

Des pelletées entières de lagarosiphon ramassées. Une plante invasive originaire d'Afrique du Sud. Au mois de juillet, le job de deux agents de la commune d'Hourtin consistait à éviter que le port de plaisance ne devienne impraticable. Sur l'étang de Lacanau, plus au sud, le même problème est rencontré. La difficulté est que le développement de la plante se fait par bouturage, et que les tiges sont fragiles. Avec les bateaux qui circulent et les nombreuses activités nautiques de l'été, « une mission impossible » diront certains. De la même famille, l'égéria est aussi signalée. Elle présente des besoins de lumières inférieurs au lagarosiphon. Ce qui lui permet de coloniser les secteurs plus profonds d'un plan d'eau. Elle serait dominante à Lacanau. Sur la partie du lac de Carcans, zone moins profonde, c'est surtout la jussie, originaire d'Amérique du Sud, qui s'est imposée.

Elle prolifère dans les eaux stagnantes et bien éclairées. Fin novembre, lors de l'assemblée générale de Vive la forêt, Henri Sabarot, maire de Carcans et président du Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) des Lacs médocains, faisait le constat suivant : « Tant qu'elles n'auront pas de prédateur, nous sommes condamnés à vivre avec. » Pour autant, cela ne signifiait pas ne rien faire pour le patron du Sage.


Une cartographie du lac

Au mois d'avril, toujours dans le cadre du Sage, un comité de pilotage sur le thème des espèces invasives s'est réuni à Carcans pour faire le point. Il est apparu que les problèmes posés commencent à être nombreux. Sécurité et gêne pour la baignade, des difficultés de navigation, des sites de pêche devenus quasi inaccessibles, un frein aux écoulements et des risques d'inondation, etc.

Pour tenter de limiter cette évolution, il a été décidé d'activer un plan de gestion. Dans ce sens, l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement (Cemagref) procédera à un travail de cartographie du lac. L'objectif étant de faire l'état des lieux le plus complet possible. Ce travail sera réalisé pendant l'été 2011.

D'ores et déjà, il a été décidé, en ayant recours à un engin spécialisé utilisé dans les Landes, de traiter par arrachage le lagarosiphon et l'égéria dans les zones où les usages sont fortement perturbés. Mais il s'agira de travaux « strictement limités ».

Les ports et leur sortie, les zones de navigation principales et les baignades sont concernées. Au total, 36 hectares pour un budget de 80 000 euros. Sur la jussie, une opération d'arrachage manuel est annoncée. Elle concerne surtout les crastes. À terme, une réflexion sera aussi menée sur le déplacement des mouillages (Longarisse et Gaouléou) dans des endroits plus profonds.

Publié dans Le Lac

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leaunard 12/06/2015 19:11

Une plante très invasive également LE BACCHARIS HALIMIFOLIA. zones humides contaminées disparition de la flore et de la faune. cette espèce représente une pandemie végétale.