Le dossier CFM à l'enquête
Le projet de reconversion de l'ancien centre de formation de la marine d'Hourtin (CFM), porté par le promoteur Robelco, vient de rentrer dans l'étape délicate des enquêtes publiques. Jusqu'au mercredi 18 mars, l'épais dossier d'Hourtin promotion international (HPI), filiale du groupe Robelco, pourra être consulté librement par tout un chacun (1).
Deux enquêtes pour l'ex-CFM
Aussi, sur un registre, comme la procédure l'autorise, il sera possible de porter des appréciations, suggestions, et autres contre-propositions. Jean-Pierre Lajaunie, le commissaire-enquêteur , nommé par le président du Tribunal administratif de Bordeaux, recevra le public à 3 reprises pour prendre note des observations (2). Et établir son rapport. Lequel ne sera pas pour autant décisif. L'autorité administrative pouvant passer outre les avis. Dans ce dossier hourtinais, deux enquêtes sont menées conjointement. La première s'intéresse aux opérations susceptibles d'affecter l'environnement. C'est l'enquête Bouchardeau, du nom de son auteur (ministre de l'Environnement en 1985). Elle vise à informer et à recueillir l'avis de la population sur le projet présenté et ses incidences sur l'environnement en général.
La seconde enquête est en rapport avec la loi sur l'eau. Elle cherche à mesurer l'incidence du projet sur le milieu aquatique. Sur cette partie, on retiendra notamment que la commission locale de l'eau (CLE), présidée par Henri Sabarot, a donné un avis favorable au projet Robelco. C'était au mois d'octobre dernier. Toutefois, dans cette assemblée, la Sepanso et l'association Vive la Forêt ont clairement affiché leur hostilité. Le projet de port de plaisance continue de crisper les défenseurs de l'environnement.
L'instruction du permis
En parallèle de l'enquête publique, se déroule actuellement l'instruction du permis d'aménager. Lequel a été déposé fin 2008 à la préfecture. Dans une procédure administrative relativement longue et compliquée, il est possible d'estimer que la décision, d'autoriser ou pas le promoteur à lancer son projet, pourrait intervenir à l'autonome prochain. C'est au ministère de l'Ecologie que reviendra la décision finale. A noter que le dossier, qui a déjà reçu un avis favorable de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CNDPS), devra repasser en commission des sites à la demande du ministre Jean-Louis Borloo.
Le port à la loupe
Alors que la partie terrestre du projet semble ne plus poser problème aux différents intervenants, une pression continue toujours de s'exercer sur le projet de port. Lors de la dernière mandature, cette partie du dossier avait cristallisé bien des tensions entre les maires des Lacs Médocains, et notamment entre Jean-Jacques Clavet, maire d'Hourtin, et Henry Sabarot, maire de Carcans-Maubuisson. La «bataille» avait même fini par bloquer le fonctionnement de la Cdc des Lacs Médocains (Carcans, Lacanau, Hourtin). La médiation de la préfecture et une nouvelle donne politique (après les élections municipales) avaient finalement permis de «fluidifier» le dossier.
Le projet et la crise
Dans les grandes lignes, le projet du groupe Belge Robelco prévoit la reconversion de l'ex-CFM en un complexe de logements, commerces, hôtels, centres de loisirs, et un port de 330 anneaux. Plus de 100 emplois ont aussi été promis par les investisseurs. Reste à savoir, une fois passées les étapes des enquêtes et du permis d'aménager, si le contexte de crise économique ne risque par de fragiliser un projetdéjà annoncé depuis plus de 5 ans. Hier, Christian Birot, le nouveau maire d'Hourtin, confait que cette période d'instructin tombait plutôt bien. L'édile espère en 2010.
(1) Aux heures d'ouverture, le dossier peut-etre consulté dans les mairies d'Hourtin et de Carcans
(2) Mardi 3 mars. Mercredi 11 mars : mairie de Carcans de 14h à 16h30. Mercredi 18 mars : 14h à 16h30 à la mairie d'Hourtin.