Des labels pour les stations
Certains évoquent un changement de donne, d'autres un « toilettage législatif ». Quoi qu'il en soit, le décret entré en application mardi suscite une mini-révolution pour les communes touristiques. Pour expliquer les tenants et aboutissants, la Mopa (1), en partenariat avec l'ANMSCCT (2) organisait hier une réunion d'information au Palais des congrès d'Arcachon à destination des élus et professionnels de la région concernés.
Dans les grandes lignes, le texte met fin au flou artistique existant jusqu'alors et ce, en créant deux statuts juridiques : celui de « commune touristique » et celui, plus valorisant, de « station classée ». Pour y prétendre, les collectivités devront répondre à un certain nombre de critères.
Et contrairement à ce qui existait jusqu'alors, elles devront remettre en jeu leur label tous les 5 ou 12 ans : « On va gagner en lisibilité et dégager une notoriété sur des bases objectives », fait valoir le responsable régional de l'ANMSCCT, Jean-Pierre Dufau, député-maire de Capbreton (40).
Se remettre en question
La majorité des élus locaux ayant pris part à la journée voient d'un bon oeil les nouvelles règles mises en application. Et d'ailleurs, la plupart des communes (du Bassin notamment) ont déjà transmis ou s'apprêtent à transmettre au préfet leur demande de classification en « commune touristique ».
Et pas uniquement pour préserver leurs dotations d'État : « Finalement, ces nouvelles conditions vont nous pousser à nous remettre en question et nous obliger à tendre vers l'excellence », apprécie Christian Esplandiu, conseiller municipal d'Arès et président de l'Office de tourisme. Il est rejoint en cela par l'élue arcachonnaise en charge du tourisme, Yvette Maupilé : « Le fait qu'un statut ne soit plus remis de manière définitive, comme cela existait auparavant, va encourager les communes à rester performantes, voire à l'être toujours plus. »
Dans le cas d'Arcachon, les démarches sont même lancées pour obtenir le titre de « station classée », ce que lui autorise son statut actuel de « station balnéaire ».
L'idée d'encourager à plus de compétitivité avait hier valeur de rayon de soleil dans le ciel maussade du mois de mars, surtout dans le contexte international actuel, extrêmement concurrentiel.
(1) Mission des offices de tourisme et pays touristiques d'Aquitaine. (2) Association nationale des maires des stations classées et des communes touristiques.
t.mankowski@sudouest.com